La France des dynasties ou les fils et les filles de.

Publié le 09 mars 2009 par Collectifnrv

Salut les loufs du Village, je suis content de vous retrouver. Désolé d'avoir été privé d'Internet par un France Télécom très mou du genou considèrant la montagne corse comme un repaire de demeurés et de sauvages qui ne méritent pas le strict minimum de la technologie auquel chaque citoyen français aspire légitimement.

Comme quoi les privatisations ont représenté pour beaucoup d'anciens services publics une formidable régression qualitative, n'en déplaise aux exégètes et idéologues européens du libéralisme à tout berzingue !

 Mais revenons à nos moutons...

-----------------------------------------------------------------------------

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les jurés : je plaide coupable.

J'avoue une inculture crasse : j'ignorais que dans notre merveilleux pays, berceau et havre de la culture occidentale, le talent artistique était devenu un don héréditaire !

Figurez vous que malgré les recommandations de divers savants qui hantent ces lieux, j'ai odieusement péché : j'ai regardé la télévision pour observer le déroulement "des Victoires de la Musique" et la remise des prix des "Césars" !

Je demande donc pardon à cette docte Assemblée que représente "le Village des NRV", récipendiaire comme chacun sait du mieux-disant culturel, des valeurs éternelles de la gauche et solide tenant de la philosophie politique, souvent inaccessible au vulgum pecus que j'ai le désavantage de représenter. Mon iconoclasme, avec le recul, me fait froid dans le dos et c'est repenti , penaud, contrit que je me fends d'un texte forcément médiocre sur un aspect de plus en plus aigu de notre société qui me révulse si violemment.

Blague à part.

Or doncques, lors des deux cérémonies sus-nommées, j'ai assisté, avec mon air con et ma vue basse, à l'énumération de patronymes nominés, censés incarner tas de nouveaux talents : M, fils de Chédid ; Dutronc, fils de Dutronc et de l'inéffable Hardy ; Arthur H, fils de Higelin ; Depardieu, fille de Depardieu ; Marie Lou Berry, fille de Balasko ; Laura Smet, fille de Halliday et Baye ; Charlotte Gainsbourg, fille de Gainsbourg ; Jugnot, fils de Jugnot ; Lou Doillon, fille de Birkin et Doillon ; Emma de Caunes, fille d'Antoine et petite fille de Georges ; Sardou, fils de Fernand  ; Brasseur, fils de Brasseur ; Cassel, fils de Cassel, Lambert Wilson, fils de Wilson ; Mathilde et Emmanuelle Seigner, filles et nièces de Seigner; David Halliday, fils de Halliday; Delon, fils de Delon ;

Et j'en passe et des pires !

S'il fallait démontrer qu'en France, le talent était héréditaire, mon raisonnement serait imparable !

À quoi bon vouloir le prouver, tant les faits sont si criants ?

MAIS A FORTIORI...

Ajoutez dans ce pays figé où des empires financiers passent décennies après décennies d'un Lagardère à un autre Lagardère, d'un Dassault à un fils de Dassault, d'un Pinault à un fils Pinault, d'un Bolloré à un fils Bolloré, d'un Bouygues à un fils Bouygues, d'un Wendel à un descendant Ernest-Antoine Seillère, d'un Peugeot à un fils Peugeot !

Mixez pour la sinistre postérité d'une Nation sclérosée où une Bachelot succèderait à un Narquin ; une Alliot-Marie à un Bernard Marie ; un Baudis à un Baudis ;  un Sarkozy à un Sarkozy ; une Aubry à un Delors ; une Chirac à un Chirac ; un Devedjian à un Devedjian ; une Kosziusko-Morizet à un Kosziusko-Morizet ; une Pécresse à un Dominique Roux ; un Debré à un Debré ; une Voynet à une Voynet ; un Hollande à un Hollande; un Giscard à un Giscard ; un et une Mitterrand à un Mitterrand. Enfin bref, un nombre incalculable de fils et filles qui succèdent à papa, tonton ou maman par droit divin ?

Ajoutez à tous ces noms, Glucksmann fils de Glucksmann, Justine, fille de Lévy, la coterie Poivre d'Arvor, le clan Castaldi, Leymergie père et fils, la smala des Drucker, l'amicale des Duhamel, la clique des pistonnés copains réalisateurs et comédiens de Canal +, bénéficiaires de beaux budgets cinématographiques, sans omettre les fils et filles de hauts fonctionnaires qui sont pléthores dans les Grandes Écoles, Administrations diverses, postes clefs et qui forment nos Élites sans oublier les progénitures de nos potentats  et autres notables locaux comme les Giaccobi et les Rocca Serra, pour ne citer que les Corses, députés et élus à vie depuis trois générations !

Sommes nous revenus aux privilèges du XVII ème siècle ?

Les problèmes actuels de cette France mitée qui sent si fort le renfermé et qui pue le moisi ne se fondent ils pas, en partie, si on ajoute de surcroît l'inamovibilité des rentes de situation, sur la rigidité cadavérique du corps social annonciatrice d'un spasme dévastateur ?...

Mais, me direz vous, dans notre belle Nation, République soit-disant fraternelle, égalitariste, et creuset de la mobilité sociale un Cui Cui, fils d'un Piou Piou inconnu, neveu d'un obscur et père de personne a t-il sa chance ?

Le seul et dernier anonyme qui me semble avoir réussi à obtenir, en France, une certaine notoriété et une réussite affirmée sans aide familiale, sans piston, sans cooptation, sans relation, sans faire partie d'une  bourgeoisie relativement fortunée ou d'une élite oligarchique, ne serait il pas le soldat inconnu qui gît encore sous l'Arc de Triomphe ?

Dommage qu'il lui eût fallu attendre d'être mort pour percer.

On a parfois l'impression que les dirigeants du pouvoir français n'offrent pas d'autres alternatives aux gens du peuple et à ceux issus de la diversité.

Ne les laissons pas faire.

Jeu gratuit : sur ces 6 photos exposées, reconstituez les liens familiaux.

Cui cui l'oiseau, fils de maman buse et de papa corbeau.