Mystic River -=- Dennis Lehane

Par Charlie_bobine

Voilà, mon premier Lehane. (Il faut que je souligne le plaisir de ce livre en tant qu'objet. C'est mon genre d'édition: format poche, couverture souple. Il tient bien ouvert! Ah! *soupir*) Bref, additionné d'un bon contenu, le contenant est plus qu'un must.

Je tiens à préciser que je n'ai pas vu l'adaptation par Clint Eastwood. (Mais que je vais la louer sûrement ce week-end.) -Il faut que je l'avoue aussi, j'avais comme un gros préjugé pour Mystic River? Étrange, hein?- Pourtant, je n'avais absolument aucune idée de l'histoire sinon ce que j'ai lu sur la quatrième de couverture quand Karine m'a gentiment prêté le roman. C'est un schéma assez classique comme histoire, non? Mais franchement, quelle écriture! (et j'imagine en V.O.) C'est puissant. Où j'ai lu qu'un auteur de polar considérait que le roman policier était bien plus représentatif de la vraie vie que la fantasy déjà? OK. J'avoue, hein, opposer fantasy et polar, euh. il y a comme une évidence qui saute aux yeux et c'est un peu inutile de souligner que le polar est plus vraisemblable et plus crédible. N'empêche. Mais avec Lehane, tout du long, je me disais «c'est tellement vrai, c'est tellement ça» (en parlant de son écriture, des ses réflexions).  C'est profond. Ça remue. C'est un portrait de société juste.

J'en parle bien mal, mais c'est un polar qu'on ne lit pas beaucoup pour l'intrigue, je pense. (Enfin, oui mais pas que!) J'avais moi aussi une bonne idée, bien avant la fin, de la tournure que prendrait l'histoire. Mais ce n'est pas la fin qui compte, mais bien le chemin parcouru. Et j'ai beaucoup accroché au développement de la psychologie des personnages. J'en aurais même pris un peu plus. Pas tant pour expliquer la finalité (le dénouement est assez clair, on comprend les motivations), mais pour ajouter un peu de chair autour de certains os. Pour prolonger le plaisir. C'est du bon polar. Divertissant mais profond. 4.5/5

L'histoire: (Présentée par l'éditeur. source: amazon.fr) Ce jour de 1975, quand éclate une bagarre en pleine rue entre Sean Devine (le plus raisonnable), Jimmy Marcus (la tête brûlée) et Dave Boyle (le plus timoré), les trois garçons sont loin de se douter que leur destin va basculer de façon irrémédiable. Une voiture s’arrête, deux hommes qui se prétendent de la police font monter Dave avec eux sous prétexte de le ramener chez lui. Dave ne reparaîtra que quatre jours plus tard. On ne saura jamais ce qui s’est passé pendant ces quatre jours. Mais les trois garçons cesseront de se fréquenter. Vingt-cinq ans plus tard, ils sont mariés et pères de famille. Sean est un policier brillant mais miné par ses problèmes conjugaux, Jimmy, un ex-chef de gang s’est rangé en achetant un magasin d’alimentation ; quant à Dave, il a brièvement connu la gloire en devenant une star du base-ball, mais aujourd’hui, il part lentement à la dérive. C’est un événement tragique, comme un écho au kidnapping de Dave, qui va les mettre de nouveau en présence : l’assassinat brutal de Katie, la fille aînée de Jimmy, âgée de dix-neuf ans. A mesure que Dean mène l’enquête, ce sont autant de voiles qui se lèvent sur des vérités aussi troubles que les eaux de la Mystic River, dont les profondeurs recèlent bien des secrets inavouables. Pris dans l’engrenage infernal de la souffrance, du remords et du désir de vengeance, les trois anciens amis n’auront plus d’autre choix que de s’affronter en un combat dont aucun ne peut sortir indemne. Roman très noir, mais aussi hymne à la vie, Mystic River nous touche droit au coeur. C’est le plus grand livre de Dennis Lehane.