Les jeunes Africain et leurs nouveaux critères de réussite.

Publié le 14 novembre 2008 par Oliviernda

De Côte d’Ivoire en Afrique de Sud, les jeunes africains s’inondent d’air de « coupé-décalé ». Le « coupé-décalé » est une belle musique rythmée, mélodieuse et envoûtante venant des bords de la lagune Erié (Abidjan).Musicalement, ce mouvement de danse n’a absolument rien à envier au plus beau « hits » occidentaux et il constitue une forme d’émergence d’une identité africaine propre.Hélas, ces belles mélodies cachent une forme nouvelle de culte de la fortune. Celle-ci pas forcement acquise de manière très catholique. Le « coupé-décalé » pour ceux qui sont de Cote D’ivoire signifie (en gros) : voler de l‘argent ou acquérir de l’argent (de manière malhonnête) et s’envoler de l'occident vers le continent (Africain) sans se faire prendre. Etre riche est une bonne chose et cela est célébré de toutes les façons sur le continent, mais ce qui est récent et inquiétant c’est la nouvelle tendance à célébrer l’enrichissement illicite. Cet enrichissement illicite devient la norme et cela ne choque plus. Les travailleur et tous ceux qui font des efforts pour construire une fortune de manière légale sont moqués et ridiculisés. Cette nouvelle approche à des conséquences et nous le constatons à travers le grand retour de la prostitution, les groupes armés de tous genres dont les membres s’enrichissent en un clin d’œil. L’insécurité dans la plupart de nos villes africaines découlent de cette envie de s’enrichir promptement et sans effort dans l’idée de se « déguiser », de se couvrir d’apparat pour donner l’illusion du fortuné méritant le prix de son labeur.Les études ou le travail honnête sont rejetés aux calendes grecques pour faire place à ce nouveau système de « super-riche » qui peuvent tout s’offrir sans que personne ne questionne les efforts qui ont engendré ces subites fortunes. En Côte d’Ivoire le mouvement « coupé-décalé » a même octroyé un nouveau sens au mot « travailler » qui est utilisé de manière ironique pour signifier : distribuer de grande quantité d’argent à des inconnus pour affirmer une certaine vicissitude.Les repères d'une vie réussie ont changé, aussi bien que leur mode d'acquisition. Les bonnes études secondaires, universitaires ou formation professionnelle, qui autrefois étaient la clé de voûte de toute réussite sociale en Afrique, sont à présent battues en brèche par presque tous les Africains. Loin de moi l’idée de ne pas encourager toute sorte d’effort pour arriver à son désir d’être nantis, mais que cela reste dans le cadre du légal.Aujourd'hui la corruption, les détournements de fond, la prostitution, les braquages et les magouilles en tous genres ont pignon sur rue. La société africaine est pourrie par une vraie catastrophe morale à travers laquelle tous les repères de moralité ont été balayés au profit d’une société où seul les billets de banque mal acquis et le sexe accordent raison d’exister. D’Abidjan à Yaoundé des filles dont l'âge varie entre 14 et 21 ans sont concernées par la prostitution. Le comble est que le phénomène s'étend aux fillettes dont l'âge varie entre 5 et 10 ans. La prostitution qui était un métier honteux est perçue aujourd’hui comme un moyen honorable de ce faire de l’argent. « Je me cherche ! ».Les filles s’offrent fièrement en rêvant d’un avenir plein d’argent qui effacera aux yeux de cette société nouvelle les moyens de leur enrichissement.


La pauvreté comme excuse.
La raison la plus souvent évoquée est la misère. Pourtant le potentiel de richesses de l’Afrique ne peut en toute connaissance de cause, justifier une telle situation.Pour certain il faut créer des emplois et employer une bonne partie des jeunes filles, mais cela ne suffira pas dans une société où les jeunes sont confrontés à une moralité africaine qui présente la femme comme une acquisition masculine qui doit être entretenue au lieu de travailler et obtenir une indépendance financière qui entraînerait un vrai épanouissement. Il temps est de tirer la sonnette d'alarme auprès des gouvernements africains qui doivent repenser les systèmes d’éduction morale de nos sociétés et veiller à ce que nos moyens médiatiques soient utilisés à des fins éducatives. Les medias ne doivent pas être des moyens de propagande qui au travers de belle séries brésiliennes montre aux jeunes filles et hommes des chemins illusoires de réussite.
par Olivier N’da