La communication désastreuse de la RATP

Publié le 23 février 2009 par Bix

Je me demande sérieusement si la RATP a conscience de l'effet désastreux auprès de ses usagers clients de ses récentes campagnes de communication. Alors que les lignes sont de plus en plus nombreuses à être saturées voire au bord de l'implosion (ligne 13, ligne A du RER, lignes B et D, plus les cracs aux entournures de la 4, la 1, même la 14 !).

Alors qu'il existe un manque flagrant d'investissements depuis beaucoup trop d'années, la RATP n'a donc rien trouvé de mieux à faire que de lancer 2 campagnes de communication complètement accessoires.

La propreté

Depuis que les écrans d'information, des pseudo-poèmes et même des messages d'annonce me disent que la propreté est l'affaire de tous puis de venir en parler avec un agent RATP, j'ai bien envie d'aller embêter un agent pour parler propreté avec lui. C'est vrai que les couloirs du métro/RER sont sales. On n'imagine difficilement un lieu où passent des dizaines, des centaines de milliers de personnes rester nickel : les gros dégueux qui jettent leurs papiers gras et paquets de clopes, les étourdis qui perdent leurs mouchoirs, les papiers qui volent (sans parler des gratuits partout)...

Parfois ça sent la pisse, oui, ou les pieds collent au plancher. Mais prétendre que tout le monde ne pense qu'à la propreté du réseau de transports publics est faux : tentez de lancer le sujet entre amis, c'est plus les mots "retards", "attente" ou "galère" que "propreté" qui sortira. Peu d'articles de presse également, tandis que les gros cafouillages commencent à être couverts (pas autant que les grèves hélas, qui elles ne représenteraient que moins de 5 % des retards sur l'année).

+ de régularité sur toute la ligne !

L'équipe de communication de la RATP, après avoir pondu sa campagne sur la propreté, a sans doute décidé de traverser la rue qui sépare la Maison de la RATP de la Gare de Lyon et de descendre sous terre. Là, ils se sont sans doute aperçu de l'état des voyageurs de la ligne A, spécialement la branche MLV-Chessy, dont les trains sont quasiment pleins dès Torcy. S'ils ont poussé jusqu'à St-Lazarre en prenant la 14, ils ont pu voir l'horreur de la ligne 13.

Là, une idée leur est venue : on ne peut rien faire sur les causes profondes de la crise du métro et du RER, disons aux voyageurs de faire attention, ça donnera au moins l'impression qu'on fait quelque chose. Pari gagné. On a vu fleurir des autocollants qui m'ont rappelé la campagne de 2003-2004, la Bus attitude. Ces slogans ne font qu'appel aux comportements individuels des passagers des transports, comme s'ils étaient responsables du bordel monstre généré par le moindre pet de travers. Certes, retenir les portes retient le métro, certes, bousculer les autres passagers parce qu'on a oublié de prévoir sa descente gêne tout monde. Mais enfin, si les transports n'étaient pas saturés, est-ce que tout cela existerait ? Parce que les retards, les galères, c'est la journée ordinaire d'un Francilien !

Bref...

Bref, la RATP ne peut pas investir pour ses propres équipements. L'enchevêtrement des pouvoirs publics responsables (Région Île-de-France et Stif, ministères, départements, RATP et SNCF et même l'Élysée quand le leader minimo a le temps) fait prendre du retard à tous les investissements nécessaires (dans le métro, 1 seconde de retard en station retarde toute la ligne, en politique, une semaine d'indécision retarde d'une génération des évolutions). Jean-Paul de Paris est sa banlieue ne cesse d'ailleurs de le dénoncer.

Des liens pour rigoler et s'informer :