Saison 5, Episode 7 :Rémy sans famille

Publié le 26 mars 2009 par Levestiaire @levestiaire_net


Six matches, deux défaites, deux nuls, deux victoires, huit buts marqués, neuf encaissés. Le bilan est flatteur, c’est celui de notre héros depuis septembre et il n’entraîne pas la Finlande. Combien devra-t-il perdre de matches pour être prolongé d’une dizaine d’années ?

On l’avait quitté après l’Argentine. “La France n’a pas démérité, il y a beaucoup de positif dans cette rencontre.” Qu’est ce qui est le plus positif ? La défaite, la défense de merde, les attaquants qui ne marquent pas de but ou les joueurs qui brillent en club, mais qui n’en touchent pas une avec du bleu sur le dos ? L’élimination se rapproche chaque jour un peu plus, Escalettes se réjouit, le public moins. Domenech est bien l’homme de la situation.

On le retrouve pour les fratricides rencontres avec la Lituanie. La première liste avait une allure étonnamment normale. Henry, Anelka, Benzema, les incontournables. Boghossian aura beau objecter que Trezeguet a repris, Raymond pense qu’il parle de la nationalité argentine. Il est beaucoup plus ennuyé pour Govou, mais la solution de rechange est toujours là : Jimmy Briand. Finalement, c’est presque classique.

Il reste le traditionnel spectateur de Téléfoot qui ne gagne plus une heure à Clairefontaine avec ses idoles, mais une sélection. Le Papin du pauvre au prénom américain dans un cimetière normand, il l’a déjà essayé, il lui en faut donc un autre. Concurrencer la Nouvelle Star, Raymond n’y avait pas encore pensé, c’est fait. Il va donc lancer un grand casting dans la France entière. De Toulouse à Nice, en passant par Lille, toutes les grandes villes vont recevoir le jury. Objectif : trouver la perle rare, aucune sélection chez les jeunes et si possible pas d’expérience européenne souhaitée. Aliadière et Le Tallec pensaient pourtant avoir fait le plus dur, mais ils ne verront pas Batard. Deux candidats se présentent en finale.

Le nouveau tzigane

L’un est un buteur précoce d’à peine 25 ans, presque une saison de Ligue 1 dans les pattes. Son profil séduit beaucoup le sélectionneur, ça lui rappelle vaguement quelqu’un, mais il sait plus trop qui. Les images de David Trezeguet, Jan Koller et Peter Crouch surgissent soudainement dans son subconscient. Auquel ressemble-t-il le plus ? Grand comme Trezeguet, il a presque le Belhadj pour débuter en bleu, à cinq ans près, il est également presque aussi bon que le géant slave ou le canonnier de Porsmouth, une sacrée carte de visite.

L’autre, c’est une petite frappe roots, voyageur invétéré, né à Martigues, avant de s’offrir une caravane, un Pau de départ, un triplé breton contre Nantes et une année sur le banc toulousain, parmi les grands. Mais il faut bien choisir : Domenech ajoute un critère, et surprise, c’est le nombre de buts qui fait la différence. Ce sera Gignac. “Cohérent”, s’amuse-t-il devant la presse, unanime à souhaiter Hoarau. Raymond aime surprendre, mais quand il peut faire plaisir à tout le monde pour le bien des Bleus, ça lui va aussi. La Lituanie était l’occasion de se faire Gignac ou Hoarau. Pourquoi pas les deux et tous les autres attaquants de Ligue 1 ?

Le temps n’est pas si lointain où la France de Raymond disputa la Coupe du monde en Allemagne. Autres temps, autres mœurs : pas du tout, répond Sydney Govou. L’appelé de dernière minute joua plus que Louis Saha, qui avait patiemment bâti son statut de remplaçant dans le groupe France au long des solides matches de qualification aux Féroés. Une bien triste histoire, qui fait encore pleurer Ouedec et Djibrill Cissé. Les paris sont lancés : dans cette double confrontation baptisée “Oh la Kaunas” par Grimaldo et ses lunettes fumées, quel attaquant aura l’occasion de briller sous un maillot qu’il n’aurait jamais dû voir ? Aux yeux de Domenech, tous le méritent. C’est bien naturel, la France ne possède que Ribéry, Benzema, Henry, et donc Briand et Gignac. Pourquoi ne pas en appeler deux ou trois autres ? Plus c’est gros, plus ça passe, se dit Domenech, il a bien raison et ne va pas s’en priver.

Squilacci, la tête à toto

Domenech s’est donc passé de la nouvelle merveille parisienne pour des raisons évidentes : Papy Courage ne lui aurait sans doute pas pardonné de prendre un joueur qui vient de se vautrer en beauté contre Marseille et Toulouse. En plus, Paris, candidat au titre, prend deux taules, c’est son moment. Et soudain, la vie bascule de nouveau en sa faveur. Anelka se pète. “J’ai besoin d’un joueur de profondeur, pas de hauteur “, clamait-il le jeudi. Le lundi, Hoarau récupère son survêtement. Grisé, Domenech reconnaît qu’il ne croit plus trop à la qualification.

La chance lui sourit encore : le taulier Briand, attaquant de pointe rennais (huit buts, juste derrière le Havrais Alassane) incontournable et intouchable chez les Bleus se fait toucher et démonter par Carrasso. Les médias s’emparent de l’affaire sans même se demander si l’équipe de France A’ a été ressuscitée. Domenech, qui lit un peu France Football, dit au Boghoss d’appeler Rémy Luyindula, qui joue à Paris ou Nice, il sait plus. Savidan, lui, commence à comprendre. Six attaquants, Raymond a entendu l’appel du peuple pour une équipe de France offensive, joueuse. Il alignera sûrement un 4-1-5 avec Benzema, Henry, Hoarau et Gignac dans la surface. Et même s’il préfère une seule pointe, il pourra toujours faire ses cinq changements.

Pendant ce temps-là, L’Equipe.fr relate que Domenech prône la stabilité et envisage de changer sa charnière centrale. Un journaliste, ça pose des questions ?