Ovni : interview de gildas bourdais 2 - le crash de roswell enquete inedite

Publié le 29 mars 2009 par Jean-Christophe Grelet

GILDAS BOURDAIS, vous venez de publiez un livre qui s'intitule Le Crash de Roswell - Enquêtes Inédite (Editions JMG - Le temps Présent). Pouvez-vous nous dire quel est le but d'un tel livre ?
G. Bourdais : Les enquêtes sur Roswell ont bien progressé aux Etats-Unis depuis la parution de mon livre précedent, paru en 2004 chez le même éditeur JMG, sous le titre Roswell. Enquêtes, secret et désinformation. Notamment en 2007, avec la parution de trois livres, le principal étant celui de Tom Carey et Donald Schmitt, Witness to Roswell, qui a révélé toute une série de nouveaux témoins. Certains de ces témoins, et d'autres encore, ont été interviewés sur plusieurs chaînes de télévision (SciFi Channel, CNN, Fox News...). La plupart de ces témoins sont crédibles, sont compatibles, et consolident l'histoire remarquablement. Ainsi, le dossier a bien avancé, et il était bon de faire une nouvelle édition de mon livre. Il se trouve que j'ai eu l'occasion d'aller deux fois aux Etats-Unis au cours de l'été 2007, à Roswell et à Washington, où j'ai pu rencontrer Carey et Schmitt, et d'autres témoins ou enquêteurs, tels que le Dr Marcel Jr, Stanton Friedman et Dennis Balthaser, ce qui m'a bien aidé aussi.

Ce qui me surprend le plus, à la lecture de votre livre, c'est la multiplicité des nouveaux témoignages qui accréditent la thèse d'un crash d'OVNI et la récupération de corps près de la ville de Roswell en 1947. Quelle a été votre première réaction dès que vous avez découvert l'existence de ces nouveaux témoins ?
G. Bourdais : En fait, pour moi, ce n'était pas tout à fait une surprise. Certains témoignages étaient déjà plus ou moins connus depuis quelques années, notamment avec des articles parus dans l'excellente revue IUR (International UFO reporter) du cufos. On en parlait aussi sur Internet. Le grand mérite de Carey et Schmitt a été de persévérer, de creuser toutes les pistes, et ce travail a porté ses fruits. De leur propre aveu, il n'est d'ailleurs pas terminé, mais ils ont choisi, avec raison à mon avis, de publier leur recherche dans l'état où elle était, à l'occasion du soixantième anniversaire du crash de Roswell. C'est un gros progrès, mais ils reconnaissent que leur livre est perfectible, et j'en ai discuté avec eux. Je leur ai proposé de modifier un peu leur scénario, au cours de l'été 2007. Tom Carey était plutôt réticent, mais Donald Schmitt a fini par me dire son accord en septembre 2008. Le résultat de cet échange est le scénario révisé du crash, tel que je le présente surtout dans le chapitre VI. Mais le reste du livre est également révisé et mis à jour.
Tom Carey à Roswell, juillet 2007

Pensez-vous que ces nouvelles déclarations (affidavit), venant notamment de la part d'anciens militaires de haut niveau, sont surtout liées au fait que la plupart de ces témoins, arrivent à la fin de leur vie, et voulaient, en quelque sorte, soulager leur conscience de ce fardeau qu'ils traînaient depuis toutes ces années ?

G. Bourdais : Oui, bien sûr. A part l'affidavit de Walter Haut, ce sont surtout des témoignages oraux, mais c'est le même problème. Carey et Schmitt racontent comment ils ont convaincu certains vieux témoins militaires, comme Eli Benjamin, de parler publiquement, en les assurant qu'ils ne risquaient pas de perdre leur pension de retraite. Ils ne savaient pas que la secrétaire (ministre) à la Défense Sheila Widnall, sous la présidence de Bill Clinton en 1994, les avait relevé de leur serment du secret sur Roswell.
On savait également que les témoins directs de l'époque avaient subi de fortes pressions de la part des militaires, mais votre livre montre clairement que ces pressions étaient plutôt des menaces réelles et même physiques. pouvez-vous nous en dire plus ?
G. Bourdais : Il faut bien comprendre que l'ambiance était très différente, en 1947, de ce qu'elle est devenue aujourd'hui, où l'on parle assez librement de Roswell dans les médias. Deux ans seulement après la fin de la seconde guerre mondiale, l'armée jouissait d'un grand prestige et d'une grande autorité morale. Le shérif de Roswell ne pouvait pas songer un instant à s'opposer aux instructions de la base aérienne, et à la politique de secret qui s'était mise en place dès le matin du 8 juillet. On sentait bien, aussi, qu'elle était décidée au sommet. En témoignant par exemple les deux coups de téléphone passés depuis Washington aux responsables de la radio KGFL, dès le mardi matin du 8 juillet, pour les dissuader de diffuser leur entretien avec le fermier Brazel, enregistré la veille. De plus, celui-ci avait été retenu ensuite près d'une semaine à la base, en toute illégalité ! D'autres témoignages sont apparus, cités notamment (mais pas seulement) par Carey et Schmitt et que j'ai repris dans mon livre, sur les pressions exercées sur les témoins, allant jusqu'à des menaces de mort.
Don Schmitt à la X conférence de Washington
Vous montrez également que la première déclaration faite à la presse de la découverte d'une soucoupe volante par les militaires n'était pas (contrairement à ce que l'on supposait), une bévue mais bien une opération concertée entre les plus hautes autorités. pouvez-vous nous dire plus ?

G. Bourdais : Je donne pas mal de faits et d'arguments dans mon livre, à l'appui de cette thèse. Un argument qui me semble fort, et qui ressort nettement dans le livre de Carey et Schmitt, est que la découverte du champ de débris, puis de l'ovni et des cadavres, se répandait très rapidement dans la région, et à Roswell même, bien qu'il n'y eut pas à l'époque autant de moyens de communication qu'aujourd'hui. Des voisins du ranch Foster avaient ramassé des débris. Certains débris très légers avaient pu, d'ailleurs, être dispersés par le vent au-delà du champ de débris. Selon des témoins, il y avait eu des orages deux nuits de suite, mercredi 2 et jeudi 3 juillet. Des débris passaient de main en main lors de la fête du vendredi 4 juillet, au bourg de Capitan où se déroulait un rodéo. il y avait des gens, certains cités par Carey et Schmitt, qui se promenaient à cheval et avaient ramassé des débris. Les militaires de Roswell avaient commencé à s'en rendre compte, sans doute dès lundi, et il a dû y avoir une concentration au plus haut niveau, entre Roswell et Washington en passant par le quartier général de Fort Worth, pour mettre au point d'urgence cette stratégie de révélation vite démentie. Il s'agissait de parer au risque d'être débordés et de ne pouvoir maintenir le secret sur cette extraordinaire découverte. Mais dès qu'il ont senti qu'ils contrôlaient la situation sur le terrain, ils ont commencé dès le début de l'après-midi à mettre en oeuvre le démenti du soir, à Fort Worth et à Roswell.
Le fait que ces autorités ont préféré désavouer des soldats d'élite comme le Major Marcel ou d'autres (avec la fameuse scène des débris de ballon), est-ce la preuve pour vous que cette manipulation cachait quelque chose de vraiment très important ?
G. Bourdais : Bien sûr que c'était important ! Ce n'était pas un " banal accident de circulation de soucoupe volante ", comme quelqu'un a osé l'écrire en France. C'était une découverte d'une portée extraordinaire. C'était la preuve que, non seulement, il y a des extraterrestres (ce sont dont on discute encore savamment aujourd'hui), mais que certains nous connaissaient. Si les militaires n'avaient pas réussi à cacher cela, on peut penser, d'ailleurs, que l'histoire du monde en aurait été changée. Le choc aurait été considérable, au point que l'on peut se demander s'il n'était pas préférable de cacher cette découverte à l'époque. Mais c'était il y a soixante ans, et le moment se rapproche, me semble-t-il, où cela va devenir possible sans provoquer un trop grave choc culturel.
Lt Col Marion Magruder
On découvre également dans votre ouvrage qu'il y aurait eu trois, voire quatre sites bien distincts les uns des autres concernant le crash et que les militaires auraient récupéré à l'époque au moins un des occupants encore en vie. Est-ce que vous auriez découvert, au cours de votre enquête, des éléments qui laisseraient supposer, que cet occupant aurait été ensuite conduit sur une des bases de l'Air Force.

G. Bourdais : J'ai peu évoqué dans le livre les "suites" de Roswell, car c'est également un gros dossier, aussi épais que celui du crash. Je l'avais déjà abordé dans mon livre de 2001, OVNIS. La levée progressive du secret (toujours disponible chez JMG), dans lequel j'ai cité pas mal de témoignages sur les recherches qui ont peut-être suivi Roswell et d'autres évènements. je dis "peut-être" car cet aspect est pollué par beaucoup de désinformation "amplifiante", comme dit le Cometa. La plus connue est sans doute le film suspect de l'autopsie d'un "extraterrestre de Roswell" en 1995, qui a été une opération dévastatrice, non seulement pour Roswell mais pour toute la recherche ufologique. Elle continue encore à sévir, avec des rebondissements plus que douteux : les "révélation" de Santilli en 2006, puis de Melaris en 2007. Ils ont affirmé, en se contredisant, qu'ils avaient fait le film, mais sans apporter, ni l'un ni l'autre, la moindre preuve. Tout cela sent très mauvais, comme je l'explique dans mon livre. Il est consternant que, pour beaucoup de gens, ce soit encore l'essentiel du dossier de Roswell.
J'ai quand même cité dans mon livre le témoignage nouveau et remarquable du lieutenant-colonel Magruder, transmis par ses quatre fils, que Carey et Schmitt ont pu interviewer. Selon eux, leur père leur avait révélé qu'il avait vu, avec d'autres jeunes officiers triés sur le volet, l'ovni et le survivant, manifestement amenés depuis Roswell, sur la base de Wright, à la mi-juillet 1947.
Pensez-vous que le dossier du crash de Roswell est loin d'être refermé et que les meilleurs témoignages sont encore à découvrir ?
G. Bourdais : il y a encore des questions importantes qui ne sont pas élucidées : en premier lieu, sur la nature et la provenance de l'engin et des cadavres. Pour moi, jusqu'à preuve du contraire, il paraît approprié de supposer qu'ils étaient d'origine extraterestre, mais nous n'en avons pas la preuve irréfutable.
Autre question :Pourquoi étaient-ils, comme par hasard, au pays des bombardiers atomiques ? Le sceptique Pierre Lagrange trouve cela "suspect", mais il ne semble pas s'être avisé que la surveillance des armes nucléaires est une constante de toute l'histoire des ovnis depuis soixante ans. Jean-Jacques Velasco, lui, l'a bien compris.
Autre question : Comment ont-ils eu cet accident ? Une hypothèse plausible est qu'ils ont été frappés par la foudre (Brazel avait entendu une violente explosion au milieu de l'orage, différente du tonnerre). Il y a peut-être une autre raison, mais je préfère éviter de spéculer dans l'abstrait, sans preuves. Je trouve plus intéressant, pour ma part, d'évaluer la solidité de l'histoire et des témoignages. Et là, le dossier a beaucoup progressé. Le dernier mot n'est sans doute pas dit, et il se pourrait que des surprises nous attendent encore. Depuis la parution de mon livre, un nouveau témoignage est déjà apparu, celui d'un ancien pompier de Roswell qui avait participé à la récupération de l'ovni et des cadavres. Il est cité sur le site de la radio "Ici et Maintenant", "OVNI-USA". L'aventure continue !

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Interview faite par Internet en Mars 2009
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