La sautaubec maritime (ou saltimbocca de lotte qui nous botte)

Par Estebe

Hi, guys


Si Jacques Toubon, auteur de la fameuse loi Toubon (malicieusement surnommée loi Toucon par certains esprits farceurs), était devenu maître du monde, ben, il aurait réalisé son rêve. Soit passer la langue française au karsher. Pour revenir à un idiome authentiquement tricolore, débarrassé des infectes scories étrangères. Notez qu’on a eu chaud.
Le vocabulaire culinaire, truffé de termes immigrés qu’il est, aurait été ainsi férocement assaini. Si Jacques Toubon était devenu maître du monde, on avalerait aujourd’hui des poêles valenciennes (traduisez des paellas) ou des remuages (comprenez brandades) à la provençale. Plus un gros hambourgeois le dimanche. Sans oublier de se régaler, de temps en temps, d'une petite sautaubec (saltimbocca en VI). Voire même d'une sautaubec de lotte aux bagues croustillantes de poivron (c’est là où on voulait en venir, ouf…), recette maligne pour ma ligne, qui peut amener quelques satisfactions au souper sans occasionner grand taf en cuisine. Top bénef, en somme.


Pour le poivron. Lavez, décalottez et videz les graines en gardant le légume intact. Taillez en rondelles, sans carnage s.v.p., ce qui exige une lame de compétition et une âme de winner. Disposez sur un plat. Huile d’olive, romarin, sel et poivre. Et hop, au four, à 100 ° une heure, puis à 80° une heure de plus. Ça doit croustiller la mort de ta belle-sœur Gertrude,
Pour les sautaubecs. Faites vous trancher de chouettes escalopes de lotte par la poissonnière. Salez, poivrez. Déposez une feuille de sauge sur chaque tranche. Coiffez d’une mince tranche de Parme. Fixez le tout d’un habile cure-dent. Puis poêlez trois quatre minutes, avant de déglacer d’un trait de Jerez.
Behind the cravate, enfin, il n’est pas interdit de s’envoyer avec ça un petit rouge naturel, dynamique et charmeur. Pour ne rien vous cacher, on pense au Java, la nouvelle cuvée svelte et croquante de Jérôme Jouret, notre idole du Domaine ardéchois les Clapas.
Arrivée d’air chaud, les gens