Critique : Panique à Hollywood

Par Jango


Synopsis :

Deux semaines dans la vie de Ben, producteur de films à Hollywood, qui sort à peine d'un deuxième mariage raté et qui a du mal à boucler son prochain long métrage. Entre un réalisateur déjanté, un acteur éhonté et un producteur exécutif sans idées, rien ne se passe comme il le souhaite...

Critique :
Trop ciblé pour une sortie en salle ? Probablement. Malgré un casting de premier choix : Robert de Niro, Bruce Willis, Catherine Keener, Sean Penn, Kristen Stewart, John Turturro et j’en passe, Panique à Hollywood n’a dû se contenter que d’une simple sortie en direct-to-dvd au même titre que le dernier Steven Seagal. Sacrilège !
Ayant pu le découvrir tout récemment, je dois dire que ce choix peut apparaitre comme justifié au regard du propos du film, mais quand je vois les bouses qui sortent à longueur d’année, il a de quoi se poser des questions. Bref…
Panique à Hollywood de Barry Levinson met en scène un producteur Hollywoodien sur la mauvaise pente. Sa dernière production, choisie pour faire l’ouverture du Festival de Cannes, ne fait très clairement pas l’unanimité lors des projections tests, et imposent d’effectuer un remontage pour plaire davantage au public. Viennent se greffer sur cette trame principale de nombreuses petites histoires parallèles allant des familiales aux désaccords avec quelques célébrités.
Vous me direz qu’avec cela on ne fait pas vraiment un film. Effectivement, Panique à Hollywood ne peut pas être considéré comme un film au pur sens du terme, mais plutôt comme un docu-fiction à gros budget.
Grâce la mise en scène très proche du personnage central interprété par De Niro, on note la volonté du réalisateur de proposer aux spectateurs quelque chose d’authentique, une sorte de tableau du fonctionnement d’Hollywood qui apparait ici comme une usine au même titre qu’une fabrique de boulons. L’argent règne en maître et les considérations artistiques apparaissent comme un souci très très mineur.

Ne bénéficiant pas de véritable relance au niveau du scénario, Panique à Hollywood se déroule de manière très linéaire, très (trop ?) plate. Les têtes d’affiches sont ici présentes pour faire oublier un vrai problème de fond puisque comme dit précédemment, le film n’en est pas vraiment un.
Alors, fallait-il jouer la carte à 100% de la critique ironique de la machine à vendre du rêve en réalisant un véritable documentaire, ou Levinson ne voyait-il comme solution que celle retenue pour exprimer son propos ? Je n’ai pas vraiment de réponse à proposer. Toujours est-il que toute personne complètement insensible au coté « coulisses/production » des films risque de s’ennuyer ferme ; certains passages nécessitant même d’avoir quelques connaissances cinématographiques pour comprendre tous les enjeux et problématiques soulevés (le réalisateur devant faire des concessions sur son montage, les problèmes de productions etc…).
En somme, Panique à Hollywood peut allègrement jouer sur le fait de proposer un impressionnant casting à son générique mais le public non initié risque de ne pas y trouver son compte et de se sentir lésé.
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