La vitamine D pour prévenir le cancer

Publié le 16 avril 2009 par Marieclaude

Les chercheurs l'ont prouvé: consommer de la vitamine D favorise la prévention du cancer. Prochainement, les besoins minimums recommandés pour les adultes et les femmes enceintes ou allaitant quintupleront!

Par Annie Marquez, nutritionniste (servicevie.com)

Crédit photo : Robbie Owen-Wahl/SXC

Santé Canada procède actuellement à la révision à la hausse, signe des temps, de ses recommandations en vitamine D - et pas pour des raisons mercantiles: de nouvelles données tendent effectivement à démontrer qu'un apport supérieur aux recommandations en vigueur pourrait être bénéfique, non seulement pour continuer de lutter contre le rachitisme, mais également comme facteur de protection contre le cancer et certaines maladies dégénératives.

La vitamine D complémentaire au calcium
La vitamine D et le calcium font un heureux mariage. La vitamine D agit comme une hormone pour permettre entre autres l'absorption du calcium. La vitamine D favorise aussi le dépôt calcique dans les os, ce qui assure la croissance de l'enfant et la solidité de ses os à l'âge adulte. Voilà maintenant un demi-siècle que cette complémentarité est à la base de l'enrichissement en vitamine D du lait, principale source de calcium dans l'alimentation nord-américaine. Une tasse de lait (250 ml) procure jusqu'à 120 UI de vitamine D, donc avec deux tasses (500 ml), les besoins de l'adulte sont comblés. Du moins pour l'instant.

La vitamine soleil... contre le cancer?
La vitamine D ne se retrouve pas que dans le litre de lait: elle peut être produite par la peau au contact des rayons ultraviolets (UV), d'où son appellation de «vitamine soleil». La migration des populations vers le nord, les crèmes solaires partout et tout le temps, les heures passées au bureau et à la maison sont autant de facteurs qui ont entraîné la diminution de l'exposition au soleil.

Sans l'astre du jour, ni l'enrichissement alimentaire ni la supplémentation (ajout de nutriments à un mélange d'aliments protidiques) actuellement encouragée en Amérique du Nord ne pourraient permettre à la population de satisfaire ses besoins en vitamine D. Des études ont par ailleurs prouvé que les femmes des populations nordiques présentaient un risque plus élevé de cancer du sein.

Pour vieillir lentement

Des études rapportent aussi que les enfants dont la période de gestation s'était déroulée pendant les mois de grisaille (de novembre à mars) avaient un risque plus élevé de sclérose en plaques! Une forte teneur de vitamine D dans le corps préviendrait en outre le vieillissement prématuré de l'ADN. Les personnes gorgées de vitamine D vieilliraient ainsi plus lentement que celles qui en absorbent moins, les foetus compris. Cela ne veut pas dire qu'ils logeront plus longtemps dans leur placenta - ça, c'est à la maison que ça risque de se produire: bonjour Tanguy!

Aussi, d'autres études se poursuivent quant aux liens entre un apport élevé en vitamine D et la diminution des risques de cancer du colon, de la prostate et autres organes, la diminution des cas de diabète de type 1 et la prévention des maladies cardiovasculaire.

C'est pour toutes ces bonnes raisons que les organismes de santé réévaluent présentement l'importance des besoins en vitamine D.

Lait et poisson: sources de vitamine D

En plus du soleil et du lait, on trouve de la vitamine D dans quelques aliments: les boissons de soya additionnées de vitamine D, certains produits laitiers enrichis (fromages frais), plusieurs poissons (saumon, thon rouge, truite, doré, hareng), les huîtres, le jaune d'¿uf, la margarine non hydrogénée enrichie en vitamine D et, étonnamment, les champignons shiitake.

  • 3 ½ oz (100g) de saumon: de 600 à 1000 UI
  • 3 ½ oz (100g) de thon rouge: 1000 UI
  • 3 ½ oz (100g) d'huîtres: de 300 à 800 UI
  • 10 champignons shiitakes séchés: 600 UI
  • 3 ½ oz (100g) de truite, de hareng ou de doré: 200 UI
  • 1 tasse (250 ml) de lait ou de boisson de soya enrichie: environ 100 UI
  • 2 jaunes d'¿ufs: 50 UI
  • 15 ml de margarine non hydrogénée enrichie: 80 UI
Huile de foie de morue ou gélules 

Au besoin, selon la diète ou l'évolution des recommandations qui conviennent à l'âge ou à la condition, avec 1500 UI de vitamine D par cuillère à table (15 ml), l'huile de foie de morue est un parfait supplément. À cet effet, voir «L'huile de foie de morue et la science». Heureusement, depuis l'invention des gélules, le goût répulsif de cette huile autrefois associée à nos cruelles grand-mères n'est maintenant plus qu'un mauvais souvenir...

Femmes enceintes et personnes âgées

Les adultes et les femmes enceintes ou allaitant ont besoin minimalement de 200 UI de vitamine D par jour. Chez les personnes âgées de 51 à 70 ans, l'apport suffisant est fixé à 400 UI et chez les plus de 70 ans, à 600 UI. Jusqu'à présent, peu d'études pouvaient permettre de définir un apport nutritionnel de base. Or, Santé Canada va bientôt dévoiler ses nouvelles recommandations et, selon les plus récents résultats, les apports devront être beaucoup plus élevés qu'en ce moment, comme en témoignent les nouvelles lignes directrices pour les femmes enceintes et les personnes âgées.

À la femme enceinte ou qui allaite, la SCP recommande de discuter avec son médecin de la possibilité de prendre un supplément de 2 000 UI par jour. Les suppléments prénataux sur le marché en fournissent environ 400 UI par comprimé. Les données probantes s'accumulent cependant pour démontrer la pertinence d'une consommation beaucoup plus élevée.

Après 50 ans, les besoins des adultes augmentent, puisque la capacité de produire la vitamine D par la peau est diminuée. L'apport alimentaire devient insuffisant - la nouvelle édition du Guide alimentaire canadien recommande d'ailleurs un supplément quotidien de 400 UI pour les personnes de 50 ans et plus. De son côté, la Société canadienne du cancer conseille un supplément de 1000 UI par jour avec l'approbation du médecin.

Bonne journée,

Marie claude

ref: Service-vie.com