Sarkozy et l'emploi des jeunes

Publié le 26 avril 2009 par Juan

Vendredi, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur l'emploi des jeunes, à l'occasion d'un déplacement filmé dans le Val d'Oise.
Apprentissage
Il a commencé par louer l'initiative du "campus" de Veolia, dans lequel des jeunes formés par l'entreprise sont ensuite embauchés: "Une formation qui ne débouche pas sur un emploi à durée indéterminée, quelle est sa crédibilité ?" a lancé le président. Ah bon ? Nicolas Sarkozy s'enferme encore et toujours dans une vision exclusivement "professionnelle" de l'enseignement. "Si on ne fait rien, ce sont entre 170.000 et 220.000 jeunes de plus qui pourraient se retrouver au chômage d'ici fin 2010; et cela, je ne peux l'accepter".
Le président français a chiffré ses mesures à 583 millions d'euros en 2009, puis 700 milliards supplémentaires en 2010. Pour l'essentiel, il s'agit d'aides diverses à l'emploi des jeunes : prime, exonération, contrats aidés, les dispositifs habituels du traitement social du chômage ressortent des placards. Le service de presse de l'Elysée a juste pris soin d'ajouter que ces aides concernent "des métiers porteurs", sans préciser lesquels.
Les véritables mesures annoncées sont les suivantes :
  • Extension de l'exonération totale de charges sociales à toutes les entreprises embauchant un jeune apprenti d'ici juin 2010, un dispositif jusqu'ici réservé aux sociétés de moins de 10 salariés (coût : 100 millions d'euros en 2009/2010).
  • Pour ces dernières, une prime de 1800 euros sera attribuée pour ces embauches (coût : 70 M€)
  • Prime de 1000 euros par salarié de moins de 26 ans (2000 euros si le jeune n'a pas le BAC) embauché en "contrat de professionnalisation" (coût 226 M€)
  • 50 000 jeunes de 16 à 25 ans bénéficieront de "contrat accompagnement-formation", un programme de qualification, avec périodes en entrrprise, sur des "métiers porteurs", financés par l'Etat (coût 330 M€)
  • Création de 7 200 places supplémentaires pour les "Ecoles de la Deuxième Chance", avec les régions (coût 26 M€), d'ici 2010.
  • Prime exceptionnelle de 3000 euros par stagiaire embauché en CDI avant le 30 septembre prochain (coût 150 M€)
  • Projet de loi pour réduire à deux mois la durée autorisée des stages non rémunérés.
  • Ouverture de 50 000 Contrats Initiative Emploi au second semestre, des contrats du secteur marchand (coût 150 M€)
  • Embauche de 30 000 jeunes dans les collectivités locales, financés à 90% par l'Etat (coût 230 M€)
En France, le chômage des jeune n'est pas plus important qu'ailleurs, explique Gérard Cornilleau, directeur adjoint du département des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques. En fait, les statistiques de nos voisins européens sont sous-évaluées car elles excluraient les cumuls emploi-études chez les moins de 26 ans. Néanmoins, le problème véritable est ailleurs.
L'insuffisante critique de l'opposition
Nicolas Sarkozy explique qu'«Il faut faire de la crise économique une opportunité». Mais aucune réforme de fonds n'est présentée. Martin Hirsch s'en est excusé : Les syndicats et l'opposition ont critiqué l'insuffisance des moyens annoncés. Leur propre critique est insuffisante. Nicolas Sarkozy ne remet pas en cause un système injuste qui pénalise volontairement l'autonomie des jeunes de moins de 26 ans : nous attendions un Martin Hirsch plus imaginatif et radical contre le recours aux stages et contre la précarité des plus jeunes : pourquoi les jeunes de moins de 265 ans sont ils écartés de la plupart des filets sociaux tels RMI, RSA, CMU ? Qui se rappelera qu'en septembre dernier, la majorité UMP à l'Assemblée Nationale a explicitement exclu du bénéfice du Revenu de Solidarité Active les jeunes de moins de 25 ans ?
En fait, la précarité des jeunes est le meilleur moyen pour discipliner leur ardeur. Un bon salarié est un salarié silencieux et docile.
Et rien de tel qu'une bonne dose de stages et CDD pour démarrer sa vie professionnelle et calmer sa révolte...

Sakozy: le discours sur les jeunes
par liberation