Déjanté

Par Keisha

Déjanté
Hugo Hamilton

Phébus, rayon noir, 2006


Ayant découvert récemment le garda Pat Coyne avec le deuxième opus de ses aventures, Triste flic, je n'allais pas laisser échapper l'occasion de le retrouver dans le premier. Pas très malin de faire le chemin à reculons, mais un tel héros n'a que faire des itinéraires logiques bien balisés...
Alors de quoi parle ce roman policier?
Franchement, est-ce vraiment important? Disons que le méchant Berti Cunningham est l'ennemi public numéro un de la ville et qu'il s'est débarrassé sans prendre de gants d'un indicateur qui aurait pu permettre à la police de le coffrer.
Pat Coyne va en faire une affaire personnelle et mettre en oeuvre la "justice de Coyne". Très particulière, cette justice...
Il met le feu à la Range Rover de Berti Cunningham, après avoir compissé la portière, arrose de bitume le jardin d'un employé de banque qui lui serre les cordons de la bourse, pénètre illégalement un peu partout, cassant les bibelots à sa portée, bref il est toujours borderline.
A part cela, il joue les bons pères de famille, s'offre un week end en amoureux avec sa femme, installe une balançoire pour ses gosses, veille sur sa mère.
Un passage pour apprécier le style et faire un peu connaissance avec ce flic "déjanté" :
"Les gosses étaient rentrés en classe mais Coyne gardait encore à l'esprit une image estivale assez triste: un cornet de glace à l'envers sur le trottoir avec une flaque blanche qui s'étend autour, un freux aux ailes anthracite esquintées qui penche le bec de côté pour s'abreuver à l'infortune d'un enfant; Coyne y voyait un symbole de l'invisible tragédie qui couve sous le corps social. Il était là pour veiller à ce que les ennemis du bonheur soient bannis. Il fallait bien quelqu'un pour se coltiner toute cette brutalité, cette misère. Et Coyne allait "faire le ménage", comme ne cesse de claironner la télé. Il allait vous mater cette racaille. Dézinguer les petits salopards. Le Dirty Harry de Dublin. Il avait une liste de noms en tête, le top ten des criminels du coin.
Chaque muscle du corps monté sur ressorts prêt à l'action, Coyne était en état de vigilance cataleptique, en latence, tel un virus fatal prêt à s'abattre sur ces énergumènes. "
M'enfin ! Je n'ai pas trouvé de blogueur ayant lu ce roman... Ou alors faites vous connaître!