Un pont dans les Landes

Publié le 11 mai 2009 par Bil

    

A voir le nombre de véhicule en circulation sur nos principaux axes, nous sommes nombreux a avoir profité des opportunités que nous offre le calendrier. Pour ma part j’ai choisi les Landes. Une région que j’affectionne tout particulièrement pour son climat tempéré, ses longues plages de sable et son infrastructure golfique directement issue des largesses de F. Mitterrand grand amateur de cette région…et des greens locaux.

Mon parcours m’a permis d’apprécier des dégâts causés par la tempête KLAUS. L’actualité est ingrate ; elle informe de l’évènementiel et oublie les causes les plus profondes. La grippe porcine est déjà enterrée par la pilule amaigrissante ALI et l’oubli s’est très rapidement installé pour la filière sylvicultrice.

J’ai le sentiment que ce post aura peu d’impact. Cependant je ne peux pas passer sur ces terres Landaises sans avoir un profond sentiment de honte et de dégout à voir l’état d’abandon de ses forêts. Le pin pourri (il n’y a pas d’autre mot pour qualifier l’abandon du bois) sur la majorité des parcelles. Les aides apportées semblent trop peu mobilisatrices pour justifier d’une reprise à grande échelle des travaux en foret et les Landais, peu fortunés, semblent anéantis par la tâche et le coût des travaux.

Si le bois n’est pas d’une part stocké puis surtout exploité, les risques à venir sont supérieurs aux effets de la tempête. En premier lieu le risque d’incendie demeure très important. Avec les chaleurs de l’été le bois secs (et résineux) au sol devient un combustible particulièrement efficace. Il est temps d’agir.

Le pin maritime n’a pas que des qualités. Il existe des bois plus nobles et la transformation actuelle est plus précisément tournée vers des utilisations mineures (palette de transport, charbon actif, contreplaqué, papier, carton, cellulose à usage sanitaire, panneaux de fibres et de particules…). Cependant les caractéristiques du pin en font, pour le bâtiment, une essence appréciée pour sa facilité de mise en œuvre. On la travaille facilement à la découpe, ses qualités de rabotage, de vissage n'entraînent pas de difficultés ; le pin est faiblement consommateur d'énergie et de main d'oeuvre. Ces facteurs concourent à en faire une essence économique quel que soit le système constructif : poteau poutre ou ossature, sont réalisables en Pin Maritime, et ce quelle que soit la construction (maison individuelle, bureau, bâtiment collectif...).

Il importe aujourd’hui de valoriser la construction en pins maritimes et développer rapidement des projets d’habitat faisant une large place à cette matière première. Il n’est pas nécessaire ici de vous rappeler les capacités techniques et esthétique en faveur du bois en général et du pin en particulier (voir les cabanes tchanquées du bassin d'arcachon). Je vous invite à découvrir cela par l’exemple : Maison à ossature bois : la construction en images

Le pire est de voir les attitudes des élus des principales cités locales. Quoi penser du maire de Dax ou de Mont de Marsan qui accepte de voir des marchés publics passer des offres d’achat de bois exotique pour l’aménagement de leurs bâtiments ou de leurs décors urbains négligeant ainsi de promouvoir la matière première locale ? (voir : Bois locaux et forêts tropicales)

Sur le plan national, avec le décès de F. Mitterrand la majorité des élus régionaux sont veufs du principal défenseur des causes Landaises. Ainsi lors de ses déplacements notre Président s’arrête à  Bordeaux dernière terre locale avant la grande zone « rose » des Landes totalement négligée au sommet de l’état.

Heureusement, le ministère de l'Ecologie a décidé de soutenir la construction bois en créant un comité « chargé de réfléchir à des mesures incitatives ». Composé d'architectes, d'urbanistes, de fiscalistes et d'ingénieurs, ce comité a pour mission de réaliser un «plan de bataille» pour faire passer le pourcentage de construction en bois en France de 4 à 8% (c'est peu, encore trop peu). Il s’agit d’un projet général faiblement relayé localement.

Du côté du ministère du logement c’est le grand silence. A part un déplacement en 2007 pour visiter une usine de fabrication de maisons en bois Mme BOUTIN semble peu intéressée par ce sujet. A croire qu’elle n’a pas eu connaissance du Grenelle de l’environnement et du potentiel des forêts Landaises.Rien n'existe pour faciliter son développement. Tous les déposants d’un permis de construire d’une maison en bois sont là pour témoigner des difficultés rencontrées à obtenir les autorisations auprès des instructeurs (DDE en particulier).

Encore une fois, nos politiques oublient les capacités productives du pays. Le bois est une matière première naturelle abondante, disponible et peu coûteuse à la transformation. Il suffirait d’inciter un seuil de 20% de bois dans les projets constructifs à venir pour développer durablement cette filière dans diverses régions aujourd’hui économiquement fragiles.

Cet été pensez à ceux qui vivent toute l’année sur ces terres ; ils vous attendent et sauront vous faire apprécier la région qui, même abimée, reste un lieu magnifique de séjour et de balade.Et si vous avez un projet constructif pensez aux Landais et n'hésitez pas à utiliser le pin maritime car traité il est sans égal pour constituer un décor perenne de qualité pour un coût bien moins élevé que les bois exotiques d'importation.