« Désirs d'avenir d'un "philosopheur" »

Publié le 19 mai 2009 par Raoul Sabas

Le 19 mai 2009

Objet :

« Désirs d'avenir d'un "philosopheur" »

Monsieur Régis Debray

Aux bons soins des

Editions Gallimard

5, rue Sébastien Bottin
75328 Paris cedex 07

    
Monsieur,

 
Un entrefilet de l'hebdomadaire Le Point (n°1913 du 14 mai 2009), intitulé « DEBRAY-ROYAL Petit moment de fraternité », et vous montrant en photo pendant un « moment-fraternité » avec la grande prêtresse planétaire de l' « ordre juste », soi-disant, me fournit une excellente occasion de vous rappeler ma lettre du 8 mars dernier, adressée en envoi recommandé avec accusé de réception aux Editions Gallimard à votre intention, mais toujours sans réponse à ce jour - hormis le récépissé postal !

Dans ce courrier comprenant également ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, et encore à votre disposition, je dénonçai les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux humain dans ses divers modes d'expression, tels qu'ils existent encore aujourd'hui, à savoir la religion, toutes religions confondues (monothéistes ou non), la métaphysique, ou pseudo-philosophie à deux absolus du Matérialisme et de l'Idéalisme, l'idéologie, toutes les idéologies sans exception (illusion altermondialiste et ordre juste inclus) et le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale - LAQUELLE ?], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 - quasi parfait recueil de vœux pieux, sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire à l'aune du devenir du monde depuis six décennies, au Proche-Orient par exemple !

Au vu de votre silence et de votre refus de débattre, auxquels je suis bien obligé d'associer votre soutien public à Ségolène Royal, ce qui est par ailleurs votre droit le plus légitime, je suis néanmoins contraint de vous dire, comme cela figurait en conclusion du courrier précédent, que vous manifestez ainsi votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde. Ceci suffit amplement à établir que vous êtes seulement un « philosopheur » pas encore revenu de ses illusions de jeunesse, comme je le pensai, et donc pas un véritable philosophe - il vous reste toutefois la possibilité de démontrer le contraire, si vous en avez le courage intellectuel, et surtout les arguments adéquats ! ! !

D'ici-là, comme je n'entends pas reprendre ici l'intégralité des arguments amplement exposés, dans une lettre de six pages, pour dénoncer toutes les formes de la Superstition, je me borne à rappeler que vous tombez, tout au moins pour ce qui concerne l'idéologie, dans le péché capital de l'entendement humain, qui consiste à « absolutiser le relatif », en l'occurrence à promettre de transposer l'Idéal dans le quotidien - un mensonge tellement grave que la planète crève de ses « croyances au miracle « , qui s'opposent entre elles à l'infini, sans jamais oser les confronter à l'Absolu, à LA Vérité absolue.


Ceci a pour conséquence d'opposer mutuellement les « croyants aux miracles » des religions et des idéologies sans aucun espoir d'apaisement, puisque TOUS, « absolutisant leurs opinions seulement relatives », croient détenir LA Vérité absolue !

Dans l'attente de vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, à ce courrier et surtout au précédent, je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.