Shoot 'em up

Par Rob Gordon
Rangez votre cerveau au vestiaire et entrez dans Shoot 'em up, mélange d'hémoglobine, d'adrénaline et de testostérone qui pourrait réveiller un cheval. Voilà un film qui porte bien son titre : comme le genre de jeux vidéo qu'il désigne, le film de Michael Davis ne s'encombre guère de psychologie et offre surtout un déferlement de tableaux violents, ludiques, délirants, destinés à clouer les gens à leur siège. Pas la moindre scène d'exposition : le semblant d'intrigue est lancé en moins de deux secondes (une femme enceinte qui s'enfuit / des vilains qui veulent son bébé / un Clive Owen qui vient à la rescousse parce qu'il s'ennuie). Les quatre-vingt-dix minutes qui suivent sont aussi rapides et explosives : Davis déploie des trésors d'inventivité pour livrer des scènes de panpan souvent jouissives et toujours originales.
L'important n'est évidemment pas la crédibilité ni le pourquoi du comment, mais simplement la naissance d'un plaisir très premier degré, presque animal, à voir ce Mr. Smith se démener d'un bout à l'autre du film pour casser du méchant. Décidément à l'aise avec les rôles de sauveurs bourrins (son personnage est un cousin déjanté du héros des Fils de l'homme), Clive Owen fait des merveilles. La scène de sexe-fusillade qu'il a le plaisir de jouer collé à Monica Bellucci (très joli élément de décor) est l'un des grands moments du film. Quant à Paul Giamatti, il est un bad guy délirant et vraiment savoureux. Ses répliques sont les meilleures du film.
Par son sens du dialogue qui fait mouche et son aptitude à booster les scènes d'action en leur insufflant toujours un esprit nouveau, Michael Davis hisse Shoot 'em up au niveau d'un grand classique du genre comme Die Hard (si si). On reparlera sûrement de ce réalisateur et de ce film, voué sans aucun doute à obtenir une étiquette de film culte d'ici quelques années.
8/10