Homélie 7e Dimanche de Pâques B - Demeurer dans l'amour

Publié le 23 mai 2009 par Walterman


Quand Jésus est monté au ciel, il ne nous a pas laissé une Bible. Il ne nous a pas même donné tout de suite le Saint Esprit ! Il nous a donné plutôt l'Eglise, le corps des croyants rassemblés sous la conduite des Apôtres qu'il avait choisis, les « Onze » comme ils sont désignés dans la première lecture de ce jour.

Plus tard, au moment où cette Eglise était réunie en prière lors de la Pentecôte, Jésus a envoyé le don du Saint Esprit, qui est devenu l'âme et le guide surnaturel de l'Eglise.

Plus tard encore, lorsque cette même Eglise croissait et se multipliait, toujours sous la conduite des Apôtres, elle a rassemblé les écrits inspirés qui ont fini par former la Bible.

Cette Eglise est devenue, avec la structure hiérarchique que le Christ lui-même a instituée, une extension dans le temps et dans l'espace de sa présence. Voilà ce qui était le projet du Seigneur depuis le commencement.

Comme il le dit dans l'évangile de ce jour, comme le Père a envoyé Jésus dans le monde pour le sauver, ainsi Jésus a envoyé ses Apôtres dans le monde pour construire l'Eglise et répandre ainsi la grâce de la rédemption.

Nous pouvons utiliser, comme saint Paul, l'analogie du corps. Jésus est la tête de l'Eglise ; le Saint Esprit en est le cœur, et les Apôtres sont les artères dont Dieu se sert pour nous donner la vie nouvelle, nous qui en formons les membres et les divers organes. Et au fur et à mesure que le corps grandit, ainsi aussi les artères, grâce à l'ordination d'évêques.

Dans la première lecture d'aujourd'hui, nous voyons saint Pierre et les autres Apôtres choisir Matthias pour prendre la place de Judas, qui avait abandonné la charge d'Apôtre dans l'Eglise. Ceci nous montre clairement que les Apôtres, exécutant les consignes du Christ, ont compris la structure hiérarchique de l'Eglise comme une partie essentielle de l'Eglise dès le départ. Cette structure n'a pas été inventée plus tard par des empereurs avides de pouvoir. Ce n'était pas une arrière-pensée, ajoutée par commodité.

Dans sa sagesse et son amour, Jésus a choisi de gouverner son Royaume par des représentants qui transmettent son enseignement et administrant ses sacrements. Chaque fois que nous proclamons notre foi, nous professons notre foi en l'Eglise, « une, sainte, catholique et apostolique ». L'unique raison pour laquelle nous puissions dire que l'Eglise est apostolique est qu'il existe une lignée ininterrompue d'ordinations qui relie nos évêques d'aujourd'hui jusqu'aux Apôtres.

L'unique raison qui nous permet de dire que l'Eglise est une, c'est-à-dire unie dans sa doctrine, dans son culte et dans son organisation, est que l'évêque de Rome d'aujourd'hui, le pape, continue d'assurer le même service d'unité que celui dont s'est acquitté saint Pierre. Voilà comment Jésus bâtit son Eglise, et voilà comment l'Eglise continue de grandir et de s'acquitter de sa mission dans le monde.

C'est seulement si nous comprenons et apprécions ce projet de Dieu sur l'Eglise que nous pouvons vivre d'une manière saine deux vertus catholiques essentielles, à l'encontre d'une mentalité démocratique : le respect et l'obéissance. Nous devons voir et traiter nos évêques, et spécialement le pape, avec respect.

Si le Président de la République envoyait un messager à notre domicile, chargé d'un message personnel du Président lui-même, comment recevrions nous ce messager ? Nous le traiterions avec respect, et avec une certaine révérence naturelle, parce qu'il représente la plus haute autorité de notre pays. Peut-être le messager est-il sympathique, intelligent, fort et sage ; peut-être est-il « grossomodo », laid et mou. Mais dans les deux cas, nous le traiterions avec révérence et respect, à cause de son office.

Or nos évêques sont les messagers du Christ. Le Christ leur a confié la charge spéciale de préserver et de transmettre ses enseignements et ses sacrements. Et le Christ est la plus haute autorité, non seulement d'un pays, mais de l'univers. Et il est plus qu'une autorité - il est notre Créateur et notre Sauveur ! Combien plus nos évêques méritent-ils notre respect et notre révérence, remplis de foi, non pas à cause de leur intelligence ou de leur personnalité, mais à cause de celui qu'ils représentent.

Le pape et les évêques qui sont en communion avec lui méritent aussi notre obéissance. Le Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise. Cela signifie que si nous restons unis à lui par l'obéissance à l'enseignement officiel de l'Eglise en matière de foi, de liturgie et de morale, nous serons victorieux du péché, du mal et de la mort.

Cette obéissance n'est pas aveugle.

En premier lieu, elle ne s'étend pas à tous les domaines de notre vie : elle inclut notre vie de foi et de prière, ainsi que notre conduite morale fondamentale.

Et en deuxième lieu, si tel ou tel évêque, ou tel ou tel prêtre prenait le chemin de Judas et essayait de nous égarer, nous ne serions pas alors tenus de lui obéir. Nous pouvons savoir quand c'est le cas tout simplement en connaissant la foi de notre Catéchisme et en nous nourrissant de l'enseignement officiel des papes. S'il nous arrive d'être concerné par un enseignement qui nous est dur à comprendre et à admettre, nous devons alors prendre du temps pour étudier la question, non pas dans le journal local, mais en consultant des sources catholiques solides.

L'Eglise est le plus grand don de Dieu pour nous et pour le monde, parce qu'elle nous maintient dans en contact permanent avec lui. L'Eglise est en quelque sorte la manière dont Dieu se rend visible pour nous. Elle nous permet de « demeurer dans son amour », comme nous le dit la deuxième lecture.

Puissions-nous donc, au cours de cette Sainte Messe, rendre grâce à Dieu pour nous avoir fait membres de son Corps et pour nous avoir donné un guide sûr dans ce climat de confusion, de trouble, de bruit de ce monde déchu. Renouvelons notre engagement de rester unis à lui en considérant et en traitant ses représentants avec un respect et une obéissance inspirés par la foi.