Cannes 2009, Jour 11 : Un beau bouquet final...

Publié le 24 mai 2009 par Boustoune


Ca commence à sentir la fin du festival. Certains badgés sont dores et déjà repartis, pour éviter la cohue du week-end. Et les organismes sont éprouvés par dix jours de projections, de files d'attente en plein soleil, de nuits trop courtes...
Mais il reste encore des films à voir...
On commence avec la projection des deux derniers films en compétition.
Visage, le film de Tsaï-Ming Liang commandité par le Musée du Louvres présente des qualités plastiques évidentes, mais n'a pas convaincu l'exigeant public cannois. Il faut dire que cet empilement de séquences décalées, absurdes, et de clins d'oeil cinéphiles (à Truffaut, notamment) est inégal et manque cruellement de liant.


Une carte des sons de Tokyo
, nouveau film d'Isabel Coixet – la seule «débutante» de la sélection officielle – est en revanche une agréable surprise. Elégant et sensuel, le film est porté par ses comédiens, Rinko Kikuchi et Sergi Lopez, et par un beau travail – évidemment – sur la bande-son. Il manque peut-être un petit rien d'audace dans la mise en scène, mais autrement, c'est une oeuvre assez maîtrisée, qui s'inscrit dans le sillage d'oeuvres comme In the mood for love ou Lost in translation.

Mais la claque de la journée, en compétition, c'était le film de Gaspard Noé, que j'ai pu rattraper en séance du lendemain. Enter the void (soudain le vide) est un exercice de style virtuose, une expérience cinématographique intense et éprouvante, qui ne peut pas laisser indifférent. Tout le film est vu en caméra subjective, par les yeux d'un junkie entraîné dans un bad trip ultime. Le dispositif est d'une fluidité exemplaire, comme si le film était composé d'un seul et unique plan-séquence, et permet au réalisateur d'Irréversible de plonger de nouveau dans un univers particulièrement glauque et sordide, fait de sexe et de sang. C'est typiquement le genre de film que les festivaliers cannois aiment à siffler, d'autant que le rythme retombe un peu sur la fin – ça dure quand même 2h30... - mais c'est une des oeuvres les plus ambitieuses et audacieuses à avoir été proposées cette année, avec l'Antichrist de Lars Von Trier.

De l'audace, il y en a eu aussi à Un certain regard, dont c'était aujourd'hui la clôture. La preuve avec le film primé, Canine, l'une des oeuvres les plus déjantées présentées cette année, toutes sections confondues. Ce film grec aborde en effet des sujets graves, comme l'inceste et la manipulation psychologique avec une facilité déconcertante et un humour noir rafraîchissant.
Autres films primés dans la section : Policier, adjectif du roumain Corneliu Porumboiu (prix du jury) et, ex-aequo, Le père de mes enfants et Les chats persans (prix spécial du jury).
Pour terminer en beauté, je suis allé rattraper le grand gagnant de la Quinzaine des réalisateurs, J'ai tué ma mère. Une oeuvre pleine d'humour et de tendresse, née de la plume brillante d'un jeune prodige québecois, Xavier Dolan, qui règle ses comptes avec sa génitrice tout en lui faisant une véritable déclaration d'amour.


Ouf ! Ca y est, le marathon cinématographique est fini! Il ne me reste plus que le film de clôture à voir, puisque j'ai déjà vu tous les films en compétitions, rediffusés demain. Je vais pouvoir souffler un peu et m'atteler aux critiques en retard... (eh oui, déjà...)