Bingo

Publié le 26 mai 2009 par Jeanyvessecheresse

« Merci Omar, pour tes avis et tes conseils ».

Deux ans ont passé depuis cet amical échange franco-africain du 6 mai 2007, juste avant la fermeture des bureaux de vote tel que nous l’a rapporté le président du Gabon. Deux ans déjà. Deux ans seulement.

Mais Omar est malade. Son fils aussi qui se fait soigner en France. Alors, un peu de compassion, que diable.

« Merci Omar ».

« À ton service Nicolas ».

Omar, l’inamovible, a pratiqué tous les présidents français et celui-ci, il le pratiquait déjà lorsqu’il n’était encore que le maire de Neuilly. Omar, bienfaiteur des campagnes électorales françaises plus que des campagnes africaines, a su faire fructifier ses investissements. Son patrimoine immobilier croit infiniment plus vite que l’expansion économique du Gabon aux réserves d’or noir pourtant conséquentes.

Vie privée, vie publique. Afrique brûlée. Ronde des amis qui randonnent de sommets d’État en sommet d’État. Ronde des ONG dans les marigots, les Sahels, les bidonvilles et les camps.

En douce France, l’herbe est verte, les boubous exotiques et les affaires franco-africaines feutrées. La justice soupèse. Une petite juge, Françoise Desset, au vu du fléau - celui de sa balance – avait estimé qu’une enquête préliminaire pour « Biens Mal Acquis » (BMA) par les sieurs Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et Theodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale pouvait légitimement être ouverte.

Une première. L’affaire ferait grand bruit. Mais le parquet veillait. Un parquet flottant car il n’y a rien de plus désagréable que ces lames qui font du bruit. Le nôtre ne grince pas. Bien ciré, sur lui les critiques et les affaires glissent. Dommage qu’il ne nous laisse pas entendre les pas de danse des banques relevées par l’enquête préliminaire. Il ne nous reste plus qu’à imaginer leurs entrechats pour