Un Village Français [1x o3 & 1x o4]

Publié le 11 juin 2009 par Lulla

Passer la ligne // Sur la Terre comme au Ciel

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   Je n'avais prévu de reviewer tous les épisodes d'Un Village Français mais je dois reconnaître que je me suis laissé prendre au jeu et j'avais envie de le partager avec vous. Si les deux premiers épisodes étaient assez manichéens, lents et pas toujours inspirés, les deux suivants sont meilleurs. Les personnages (et les acteurs) prennent leurs marques et on commence doucement à s'attacher à eux. Ils gagnent (presque) tous en profondeur et, petit à petit, les bons se révélent moins bons que prévu tandis que les méchants... restent méchants ! Ici, les méchants, ce sont surtout les Allemands bien-sûr. J'ai du mal à dire si les traits sont exagérés ou si au contraire cette peinture est fidèle à la réalité. En tous cas, la série ne fait pas preuve d'originalité de ce coté-là et nous sert des personnages Allemands autoritaires et sans pitié. Un peu de nuance aurait été bienvenue mais on ne peut pas tout avoir. Puis ça viendra peut-être. En attendant, plusieurs héros, si ce n'est tous, sont obligés de faire des choix, des choix qui les font parfois basculer dans l'illégalité. C'est un angle intéressant. Ainsi, le couple de bourgeois, le médecin/maire et sa femme, vont faire le choix de ne pas rendre l'enfant qu'ils élévent depuis plusieurs mois à son père car ils n'ont jamais été aussi heureux que depuis qu'il est parmi eux. La femme va même jusqu'à dénoncer ce père en le faisant passer pour un évadé qu'il n'est pas. Elle qui était si gentille et si douce passe du coté obscur de la force et c'est à la fois bien vu et poignant. A cela se mêlent les sentiments de Jean, le jeune policier interprété par Nicolas Gob, et leur romance se met tranquillement en place. Ce n'est pas particulièrement subtil mais ça passe bien.

   Le personnage interprété par Francis Renaud (qui est vraiment le sosie de Jacques Gamblin, c'est perturbant) est certainement un des plus intéressants, probablement parce qu'il est mystérieux et plein de nuances, justement. Il y a un décalage entre son discours, sa violence, et certains de ses gestes qui le trahissent. J'espère que l'on découvrira davantage de son histoire prochainement. Là où l'on reconnaît bien que l'on est dans une série française, c'est que l'excellent rebondissement du deuxième épisode n'a pas lieu à la fin, pour donner envie de revenir la semaine suivante, mais au milieu. C'est un peu dommage de gâcher ses cartouches comme ça mais ça n'en est pas moins innatendu. La fermière, Marie, était persuadée que son mari était mort au front, lettre à l'appui, elle s'est donc donnée à son amant comme jamais... sauf que son mari est revenu. Il s'était fait passer pour mort mais il est bien vivant. Et ça change forcément tout pour ce couple digne des plus grandes sagas de l'été ! Heureusement que les deux acteurs en question sont bons. Une qui n'est pas bonne et je crois que c'est définitif, c'est Marie Kremer, alias l'institutrice cruchasse. Je ne sais pas si c'est le rôle qui veut ça mais bon Dieu que j'ai envie de la claquer ! Et ça comprend pas, et ça minaude, et ça pleure, et ça sourit bêtement, et ça repleure... Insupportable ! C'est d'autant plus flagrant qu'elle a face à elle une bonne actrice -la directice de l'école- très émouvante dans la scène où elle apprend son renvoi parce qu'elle est Juive. Et j'apprends au passage quelque chose que je ne savais pas (ou que j'ai appris à l'école mais que j'ai oublié !) : une loi a été votée sous l'occupation interdisant aux Juifs de travailler dans la fonction publique. C'est agréable de s'instruire en regardant une série ! Et c'est rare !


// Bilan // Je tiens tout de même à nuancer mon enthousiasme après le visionnage de ces deux nouveaux épisodes : Un Village Français s'améliore, ça devient vraiment prenant mais les défauts sont encore nombreux : Les dialogues restent relativement plats, l'humour manque cruellement et les baisses de rythme sont fréquentes.