Alliage, de visu*

Par Spicynico

Si je devais définir en première approximation ce que j'aime dans la musique contemporaine, ce serait les alliages sonores qu'elle édifie en toute occasion**. Découvrir ces alliages, et s'y abandonner demande parfois des médiateurs. Ce fut ma découverte du pianiste Pierre-Laurent Aimard expliquant à la télé la première sonate de Boulez.

Toute musique, pour la comprendre, demande à être vue. Il m'arrivait, au cours des festivals dans lesquels je travaillais, de suivre de la coulisse le concert et la musique sur la partition annotée que le musicien avait laissée béante au moment d'entrer sur scène***.

Mais voir un concert est aussi essentiel. Essayez avec cette vidéo de Pierre Boulez. Ne regardez pas la première fois, puis lors d'une deuxième écoute, regardez les images : la musique, ses alliages, ses couches sonores successives s'y dévoilent mieux. Le moment le plus palpitant est quand on voit les mains du chef : la musique devient limpide, devant la précision de ces gestes, le pointillisme du temps défini en mouvements, cette attitude quasi sculpturale de la fin. Alliages vus et évidents.


Pierre Boulez Dérive deux - Ensemble InterContemporain, Pierre Boulez

* Où il ne sera absolument pas question du jour où Quentin, un membre du boy's band Alliage**** a failli se ramasser comme une loque juste devant moi et les Marronniers, à cause d'un sac à dos que j'avais laissé par terre - s'il était tombé je l'aurais invité à boire un verre (j'étais jeune).
** D'où le titre racoleur, mais bon je ne suis plus à ça près.
*** Pratique qu'il me faut bien désapprouver professionnellement, les musiciens n'aimant pas trop que l'on touche à leurs partitions.
**** Pour ceux qui auraient perdu la mémoire (les bienheureux), ou pour ceux que tout ce qu'il y a au dessus emmerde, ou enfin pour ceux qui ont souffert pour en arriver là :

Oui, je sais. C'est terrifiant. Mais je ne suis pas peu fier d'avoir mis dans une même note Boulez et un boy's band de la grande époque.