Grâce à Ecolo, la Wallonie restera dominée par les socialistes

Publié le 16 juin 2009 par François Collette

Je vous le dis tout de go : alors que la Flandre opère une grande consolidation à la droite du centre-droit, la Wallonie et Bruxelles-Capitale ont de fortes chances de rester à la gauche du centre-gauche, simplement par la grâce d’Ecolo. 

Est-ce un bien, est-ce un mal ? En ce qui me concerne, c’est un mal. En tout cas en Wallonie car à Bruxelles le contexte est différent puisqu’il y a aussi obligatoirement des Flamands dans la coalition. Je ne suis pas anti-socialiste mais voyez ce que le PS mafieux tentaculaire et indéboulonnable depuis plus de vingt ans a fait de la Wallonie : un quasi désert économique surendetté sans avenir à court et moyen terme. Ceux qui me lisent régulièrement connaissent mon avis sur la question et je n’y reviendrai pas aujourd’hui.

Ecolo, le vilain coco !

Grand vainqueur indéniable (mais en partie surévalué) des élections régionales en Wallonie et à Bruxelles, Ecolo n’est certes pas né de la dernière pluie et il vient de le prouver en fin tacticien.

Alors que les ténors PS et MR, tout auréolés de leur habituelle suprématie (ternie mais toujours réelle) en Wallonie pour le premier et à Bruxelles pour le second, prenaient leurs aises avant de commencer à discuter des copinages futurs, les petits hommes Verts leur ont superbement coupé l’herbe sous le pied en lançant dès le lendemain des élections un premier round en vue de constituer une majorité dans les deux régions et, de facto, en « Communauté Française ». Pour ce faire, c’est assez génial, le beau gosse Ecolo a lancé un tout petit appel du pied (du style « tu viens ma poule ») au tout petit cdH, le parti chaotique catholique qui se prostituerait pour rester au pouvoir. Joëlle Milquet, la pasionaria et médiatique présidente des chrétiens-démocrates francophones reconvertis en « Humanistes », s’est évidemment jetée dans les bras du prétendant. A deux on est plus fort pour négocier. Mais oui, c’est bien sûr. Ecolo + cdH, c’est tout de même un gros tiers des siéges en Wallonie et à Bruxelles. Soyons fair-play, c’est bien joué.

Après avoir fixé des conditions strictes (voir l’article précédent sur les Verts) en vue d’un partenariat, le fugace cartel Ecolo-cdH a entrepris, flamberge au vent, des consultations avec le PS et le MR afin de désigner son heureux élu. Résultat des courses dévoilé en soirée vendredi dernier : Ecolo à décidé à 87 pc de choisir le PS et le cdH, partenaire du PS dans la coalition sortante, a emboîté le pas. Faut-il s’en étonner ? Poser la question c’est y répondre : non, bien sûr. Tout le monde sait pertinemment bien que les partis écologistes sont toujours de gauche. Toutes ces négociations avec la gauche et la droite ont donc un arrière-goût de mascarade destinée à faire grimper les enchères.

Si les négociations aboutissent - je dis bien si, car les écologites sont parfois déroutants, les Wallons (et en partie les Bruxellois) se retrouveront cinq ans en arrière mais celui qui risque le plus dans cette aventure, c’est bien sûr Ecolo. Les dirigeants se disent vigilants et pas du tout scotchés au pouvoir. Aventuriers mais pas téméraires, au point de ne pas hésiter à quitter le navire s’il le faut. Il est vrai qu’ils ne sont pas numériquement nécessaires pour assurer une majorité confortable à la réplique de l’ancienne coalition PS-cdH. Ecolo n’est que la troisième roue du vélo et il le sait. Pas du tricycle, du vélo. Mais le mal sera fait pour les citoyens car il n’y a pas d’élections anticipées pour les régionales. Conclusion : Ecolo n’est pas aventurier pour lui-même, il l’est pour la Wallonie.

A suivre.

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