Réflexions autour d'un coup d'État

Publié le 02 juillet 2009 par Tanjaawi

La plaie militaire alliée à la plaie financière

Tant qu’un seul pays disposera d’une armée, les peuples de la terre seront en danger. Comment avoir confiance en ceux dont le métier consiste à tuer, autant que possible sans cœur ni conscience ? Comment avoir confiance en ces gens uniformisés, une hérésie au regard de la vie qui est diversité ? Comment avoir confiance en ces robots qui, le plus souvent, son programmés pour perdre toute conscience et jugement personnels afin de mieux servir les pouvoirs qui les payent ? Comment avoir confiance en ceux que je ne peux percevoir que comme des « barbares aux ordres » ?

 

On vient encore de le voir au Honduras, le 29 juin 2009. Une « bande » de militaires vient de chasser le Président élu. Cette bande s’est comportée comme de vulgaires mercenaires obéissant aux possédants locaux probablement frustrés de n’avoir pas entre leurs mains la totalité des leviers de commande du pays, condition essentielle et obligatoire pour vendre à l’étranger, à son puissant voisin du Nord, les USA, les ressources et le peuple tout entier.

Il ne serait pas étonnant, hélas, compte tenu des innombrables exemples précédents, que la CIA soit impliquée dans ce « coup de lâches », ce coup dramatique perpétré contre tout un peuple. Barak Obama était-il informé ? Lui seul le sait. Cependant, la CIA est suffisamment vicieuse pour avoir fomenté ce coup d’État, ne serait-ce que par ses « conseillers » locaux ou par un appui logistique, et ceci sans en référer à ce Président dont tout laisse penser qu’elle s’en méfie grandement. C’est d’autant plus vraisemblable qu’au Honduras on trouve des installations militaires américaines destinées à la lutte antiguérilla depuis les années 80. Or, il est plus qu’évident que Manuel Zelaya, conservateur devenu homme de gauche, ne peut que déplaire aux militaires étrangers basés au Honduras. Et ce, d’autant plus, que Zelaya était lié à Chavez et Moralès, personnages détestés par les multinationales, notamment américaines, et, par voie de conséquence, détestés également par la CIA.

L’individu qui vient d’être « nommé » président à la place de Manuel Zelaya, Roberto Micheletti ne manque pas d’un humour très noir et d’une hypocrisie à tout crin. Cet homme, jusque-là président du Congrès hondurien s’est permis de dire, contre toutes les évidences, que sa nomination est complètement légale ! La comédie orchestrée au Honduras est une insulte à la démocratie, une insulte jetée à la face de tout le peuple de ce pays. Les fomenteurs du complot seraient allés jusqu’à lire une prétendue lettre de démission « pour graves problèmes de santé » de Manuel Zelaya.
Ainsi donc, au Honduras, on conduirait le président élu chez le médecin avec une escorte militaire, armée jusqu’aux dents, sans qu’il n’ait rien demandé ? Ainsi donc, tous les témoins du coup d’État auraient rêvé, fantasmé ou abusé de feuilles de coca ? C’est d’un pitoyable !...

La lâcheté des États

Les dictateurs, petits ou grands, ont un sens du mensonge particulièrement poussé et ceci jusqu’au ridicule absolu. Rien que par ces quelques faits, qui ne comprend pas que ceux qui viennent de prendre le pouvoir, là-bas, n’ont pas la moindre intention de respecter le peuple et ses droits. C’est vraiment le dernier de leurs soucis. Ils peuvent se permettre tous les mensonges, toutes les illégalités, abrités qu’ils sont derrière la force brutale des militaires.

Ceci montre combien les dictateurs sont lâches. Sans la force brutale de leurs armées, ils seraient balayés avant d’avoir la possibilité de prononcer leur premier discours. Chaque fois qu’un peuple est pris en otage, est soumis de force à quelque criminel de la politique et de la finance, ils s’abritent derrière les militaires. On le voit au Honduras, mais aussi dans trop de pays, ailleurs, sur notre planète.

Israël, par son armée, criminelle s’il en est, étouffe, étrangle 1,5 million d’humains à Gaza ! Lâcheté et criminalité vont de pair lorsqu’il s’agit des pouvoirs. Lâcheté encore, de la communauté internationale, donc des politiciens, qui ne bougent pas pour empêcher ce génocide qui se déroule à petit feu contre une population innocente dans sa plus large majorité, population faite de plus de 50 % d’enfant !

Lâcheté en Iran, où une clique de religieux s’abrite à la fois derrière l’armée mais également derrière une horde de fanatiques religieux constitués en bandes motorisées n’hésitant pas à frapper les manifestants qui ne réclament que leurs droits, ou qui tirent dans le tas sans le moindre état d’âme.

Lâcheté en Chine où le pouvoir s’abrite, là encore, derrière l’armée pour empêcher toute commémoration des événements tragiques de Tienanmen, il y a vingt ans, ce crime commis contre des jeunes qui, eux aussi, réclamaient leur droit fondamental à la liberté. Lâcheté encore face aux Tibétains contre qui la force armée est régulièrement employée pour empêcher toute manifestation pour l’indépendance.

Lâcheté plus subtile dans nos pays, supposés démocratiques, où les pouvoirs multiplient les lois dites « sécuritaires », prétexte parfait pour ligoter les peuples sous une profusion de lois odieuses. La France, dans ce domaine, est très bien placée au classement de la honte sécuritaire.

La plaie militaire

Si je vise particulièrement les militaires, c’est parce que sans eux de tels complots, de tels coups d’État, de tels crimes, ne seraient pas possibles. Les gens « raisonnables » diront tous qu’aucun pays ne peut se passer d’une armée à sa disposition. Eh bien, je ne suis pas raisonnable ! En apparence, oui, bien sûr, les armées sont nécessaires. Mais dans la réalité, qu’en est-il ? Il me semble que les armées, particulièrement à notre époque, sont surtout utiles pour préserver le pouvoir de nuisance de ceux que l’on nomme les « puissants », qu’ils soient politiciens, groupes financiers, multinationales ou tout organisme aussi malfaisant que ceux-là. Quoi qu’on en dise, les armées ne sont pas là pour protéger les peuples, mais bien pour conquérir de nouveaux territoires, pour s’accaparer les richesses d’autres pays (comme pour la guerre d’Irak) et pour écraser les peuples en les maintenant sous la férule des dictateurs, petits et grands.

Ces militaires sont également là pour assurer des fortunes aussi immenses qu’indécentes aux industries d’armement. Les politiciens de tous pays font tout pour nous convaincre de la nécessité d’avoir une armée. Il suffit de penser aux défilés coûtant des fortunes, aux distributions de médailles, aux « honneurs » rendus et au respect que nous devrions montrer à nos forces armées, à tout ce folklore qui entoure le monde militaire. Mais, pour ma part, désolé, je n’en suis pas !

Le monde militaire est une plaie pour les peuples, une charge financière infiniment trop lourde qui aggrave la pauvreté, non seulement au travers des guerres et des coups d’État, mais également par les dépenses faramineuses et scandaleuses que font les États, même les pays pauvres, pour entretenir ou renouveler les armements de ces gens.

Quand donc le monde sera-t-il débarrassé de cette plaie qui sert si bien le capitalisme et son fils dégénéré le néolibéralisme ?

Humeurs de Jean Dornac

2 juillet 2009 / Altermonde-levillage