Pourquoi Saramon ?

Publié le 07 juillet 2009 par Wawaa

Je ne peux pas m’en empêcher. Je ne peux pas m’empêcher de chercher à savoir d’où vient tel ou tel nom. Aujourd’hui, c’est le joli village de Saramon qui passe à la casserole onomastique. « Saramon », il y a bien « un mont » juste à côté, il y en à même plusieurs. Et le « Sara », d’où vient-il ? Peut-être des sarrasins.

J’imagine bien une peuplade sarrasine, débarquant sur les lieux, s’emparant de ce coin de campagne et donnant au village le sens de « Les monts sarrasins » , Saramon. Ce serait bien trop simpliste d’autant plus qu’une syllabe aurait disparu en route, encore que, la langue orale mange facilement les syllabe qui la dérange !

J’aurais eu beau extrapoler, réfléchir, associer des mots, fouiller mes dictionnaires, jamais je n’aurais trouvé de moi-même la véritable histoire du nom de Saramon. Mais c’est bien pour ça que les bibliothèques existent, pour satisfaire ce genre de soif onomastique infinie ?

J’en viens donc au fait. Il y avait au X e siècle à Saramon, un prieuré que l’on désignait par l’expression « Cella Monulphi ». Drôle de nom, n’est-ce pas ? « Cella » désignait la demeure d’une communauté monastique qui avait à sa tête un certain Monulphus. Pour ceux qui ont fait du latin, ils verront sûrement dans la syntaxe de l’expression, le sème de l’appartenance. Moi les déclinaisons latines, je ne m’en souviens plus !

« Cella » s’est transformé d’abord en « Sera » tout simplement parce que le « l » et le « r » sont phonétiquement très proche. D’ailleurs quand on roule les « r » on les transforme plus en « l » qu’autre chose et dans le Sud, et notamment dans le Gers, le « r » et plutôt prononcé mélangé à un « l ». Rien d’étonnant à cette transformation. Puis c’est devenu « Sara », la simplification de la langue orale, probablement.

Dans l’histoire, c’est le nom de Monulphus qui a été le plus abimé puisque le toponyme n’en a gardé que la toute première syllabe.