Borloo carbonisara dans sa sauce verte

Publié le 07 juillet 2009 par H16

Aujourd'hui, c'est cuisine ! Et pour faire bonne chère, rien de tel qu'une recette roborative qui est à la Dinde au whisky ce que la bombe thermonucléaire est au pétard de feu d'artifice ; elle nous est proposée par Borlouille, la fripouille spécialiste de la ratatouille gouvernementale. Et en matière de procédé culinaire copieux, il en connaît un rayon.

Tout commence avec le constat fumeux que l'Homme pollue la planète de plus en plus. L'Etat doit donc intervenir, histoire de transformer un mouvement spontané de groupuscules écologistes excités en véritable pompe à phynances juteuse. Il s'agit bien là de transformer du vent altercomprenant en or contribuable, alchimie compliquée que seul l'Etat parvient à réaliser au moyen de son éternel monopole de la force.

Au début, tout est relativement soft : on commence avec quelques campagnes de sensibilisation, matraquage subtil et persistant de messages gentiment culpabilisants à la portée des plus jeunes d'entre nous. En quelques années d'écologie dégoulinante, les petits têtards malléables deviennent des citoyens durables, et l'étape suivante peut entrer en vigueur.

Celle-ci consiste à imposer, pour le bien de tous et pour faire des économies, des actes et des produits tous aussi ridicules les uns que les autres.

Par exemple, on décide du jour au lendemain que les bêtes ampoules à filament sont cracra-polluantes, et on les interdit pour les remplacer par des ampoules hitech dix fois plus cher, bourrées de métaux lourds et qui produisent une lumière baveuse et blafardes après plusieurs secondes d'attente anxieuse dans une pénombre crépusculaire. J'attends l'application du principes aux flashes photo, ça promet des moments kodaks inoubliables !

Par exemple, on va demander aux citoyens, sous peine d'une amende vexatoire, de trier ses déchets pour séparer le verre blanc du coloré, le plastique du papier, les polyuréthanes des polystyrènes et autres polyéthylènes, puis, logiquement de déposer tout ça dans des sacs et des poubelles chamarrées. Il faudra bientôt une formation en chimie pour savoir distribuer adéquatement ses épluchures dans des petits caissons bigarrés entreposés dans des endroits inaccessibles des quartiers de toute ville citoyenne et ludique qui respecte l'environnement. Un régal.

Le tri des déchets était sans doute une étape importante dans l'emmerdement pervasif et l'inquisition pernicieuse de l'état jusque dans nos cacas domestiques. Mais ça n'empêche pas nos politiciens de passer à la vitesse supérieure. Olympiquement, il faut plonger la main, plus fort, plus loin, plus profond dans les orifices physiques et financiers du contribuable.

Et comme d'habitude en pays socialo-démocrate, l'idée est à la base présentée comme généreuse. En pratique, elle est à la fois complètement idiote, contre-productive et surtout d'une complexité qui fait passer les meilleurs maîtres-horlogers suisses pour des épileptiques cocaïnomanes.

Comme l'humain, on vous l'a dit, pollue, on va à présent l'empêcher physiquement de continuer son activité néfaste. Pour cela, on va attaquer ... tiens, le dioxyde de carbone ! Probablement parce que c'est plus crédible que le monoxyde de dihydrogène dont on se demande pourquoi il n'est pas été interdit purement et simplement, zut à la fin !

En gros, l'état a pour ses missions deux possibilités seulement.

Le Pandanlagl permet de faire cesser toute opposition. Dans les pays démocratiques, il passe mal. Alors on utilisera plutôt ...

... Le Pandanlapoch qui allège le contribuable, offre plus de "moyens" à l'Etat et permet ainsi d'alimenter la machine en saines phynances. Et si le contribuable ne veut pas du Pandanlapoch, l'état utilise son Pandanlagl, qui fonctionne toujours au final.

Borloouille nous propose donc le premier mouvement de sa symphonie culinaire, qui est composée d'une ponction libératoire appelée Taxe Carbone. Ça donne un petit goût de lard fumé à la recette, c'est très malin. En gros, on va taxer les objets polluants.

Comme ce sont les vieux objets qui rejettent le plus de CO2, et que les pauvres ont plus de vieux objets que les riches, ce sont les pauvres qui vont payer le plus. Malin, le Borloo : ce sont aussi les pauvres qui sont les plus nombreux ! Ça tombe bien, non ?

Heureusement, le deuxième mouvement de la symphonie culinaire s'engage à ce moment là : grâce à un Chèque Vert, qui est pour l'Etat l'équivalent du Chèque En Bois pour les Banques, notre frétillant ministre de l'Air Chaud et du Prout Equitable va - ouvrez les guillemets et les pincettes - "redistribuer" la taxe aux familles qui le méritent.

Évidemment, cette idée de taxe résolument trendy mais décidément pas fashion cause des petits soucis dans un gouvernement qui doit une nouvelle fois tempérer le pilote d'essai officiel de l'écurie Johnny Walker.


Jean-Louis B., verres de vert ?

La ministre des Dettes, Déficits et Emprunts se montre en effet plus réservée. Certainement moins verte que notre guilleret taxateur, elle s'est même fendue d'un petit "toutes les pistes et toutes les options sont sur la table", expliquant que le chèque vert constitue "une piste de recherche, mais certainement pas un aboutissement". Eh oui : c'est bien joli de taxer tout ce qui bouge, mais la mule le contribuable est déjà bien chargé.

Lagarde est d'ailleurs rejointe par Rocard, président de la Conférence des Experts sur les Tubulures Chromées Pour Engraisser l'Etat, qui trouve le brave Jean-Louis un tantinet pète-couille avec ses petites saillies incontrôlées : c'est pas qu'il a franchement tort, c'est pas non plus qu'on va se gêner pour piquer des sous et faire de l'esbroufe avec des papiers verts, mais "il nous gêne en parlant trop tôt, avec son annonce anticipée."

D'autant qu'on peut tortiller les trucs comme on veut : c'est toujours les pauvres qui vont trinquer (A la tienne, Jean-Louis !).

Maintenant, regardons les choses en face : d'une part, l'écologie, c'est très rigolo quand il s'agit de compter les pétales de fleur, d'observer les limaces grignoter les feuilles de choux en classe verte quand on a 7 ans, mais le message devient de plus en plus pénible à supporter. En clair, merde !

D'autre part, on sait tous pertinemment que les agitations frénétiques de notre ministre éthylique sont une manifestation logique du manque chronique d'argent dans les caisses. L'état n'a plus un rond, et le Pandanlapoch est sur le point de montrer ses limites sans que le Pandanlagl puisse résoudre ses problèmes. D'autant que pour ce dernier, ça va devenir de plus en plus compliqué depuis qu'on vend les bijoux de famille de l'armée histoire d'éponger les petites opérations outre-mer.

La bonne nouvelle dans tout ça, c'est qu'à ce rythme, nous allons tous crever de faim dans un monde propre.

Et Jean-Louis, ne t'en fais pas : l'alcool n'est pas un polluant puisqu'il sert même à nettoyer !