STRASBOURG/ Morale et Droits de l'Homme, par ALEXIS II

Publié le 02 octobre 2007 par Danielriot - Www.relatio-Europe.com

Morale et droits de l’Homme. Primat des « valeurs » chrétiennes, y compris dans la sphère publique. Oui au dialogue entre les religions et les courants de pensée, mais sans dilution des « principes » et de « l’enseignement chrétien »… C’est un discours sans surprise, mais qui peut soulever bien des questions en termes de laïcité bien comprise qu’ a fait, comme prévu, Alexis II, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies aujourd’hui devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe.

«  Aujourd’hui il y a dans la civilisation européenne une fracture funeste dans le lien entre les droits de l’homme et la morale. Cela s’observe dans l’apparition d’une nouvelle génération de droits en contradiction avec la morale, de même que dans la justification d’actes amoraux à l’aide des droits de l’homme. En liaison avec cela j’aimerais que nous nous rappelions tous que dans la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales est inclus un appel à la morale dont doit tenir compte l’activité de défense des droits de l’homme. Je suis convaincu que les créateurs de cette convention ont inclus la moralité dans son texte non comme une vague notion mais comme un élément bien déterminé de tout le système des droits de l’homme.

(…) Dans le domaine public, la société et l’Etat doivent soutenir et encourager une moralité acceptable pour la majorité des citoyens. Pour cela ils doivent diriger leurs efforts à l’aide des mass-médias, du réseau des institutions sociales et publiques, du système éducatif, en faveur de la promotion des idéaux de moralité liés à la tradition spirituelle et culturelle des peuples européens.

Je suis convaincu que pour conserver l’identité culturelle européenne et surtout lorsqu’elle est en contact avec d’autres normes culturelles et d’autres civilisations, il est extrêmement important de conserver la dimension morale qui donne une âme et ennoblit la vie des européens. Ou au moins ni faire la promotion, ni favoriser en s’appuyant sur les institutions de l’Etat de tout ce qui affaiblit ou détruit les fondements moraux de la société.

(…) L’Eglise Orthodoxe Russe se rend bien compte qu’en Europe et dans le monde il y a d’autres conceptions religieuses du monde. Et nous sommes prêts au dialogue avec leurs adhérents comme avec les représentants de la vision laïque sur la vie. Mais en même temps nous sommes convaincus qu’aucune conception du monde, y compris la conception laïque, ne peut insister pour avoir le monopole ni en Europe, ni dans le monde. C’est pour cela que nous considérons comme inadmissible le rejet de la religion hors de l’espace public.

Le temps est venu d’admettre que la motivation religieuse a le droit d’exister y compris dan le domaine public. Et c’est justement pour éviter les affrontements possibles des différentes conceptions du monde qu’un dialogue interculturel sérieux est nécessaire avec une participation très active des représentants des religions traditionnelles et du monde laïc. Je pense que l’une des plateformes possibles pour un tel dialogue doit être le Conseil de l’Europe qui a le potentiel et l’expérience d’organiser un dialogue des conceptions sur les valeurs européennes. »

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