S’organiser intérieurement pour apprendre

Publié le 24 juillet 2009 par Mmblog

Nous continuons notre série sur la Gestion mentale. Pour info, lire nos précédents billets: Qu'est ce que la gestion mentale? et La mémoire.
S’organiser intérieurement pour apprendre
Il existe des corrélations certaines entre l'utilisation par l'élève de formes spécifiques d'images mentales visuelles et auditives d'une part et son succès dans des disciplines scolaires déterminées d'autre part.
La cause de difficultés pédagogiques que rencontrent des enseignants : l'élève qui n'emploie que des images mentales auditives ne comprend pas les méthodes d'un professeur très visuel et vice-versa. Des éléments de solution peuvent être apportés afin que l'élève cultive d'autres images mentales que celles dont il a pris l'habitude d'user.(Cf. Profils pédagogiques d'A.de La Garanderie.) Il faut que l'enseignant prenne conscience de l'importance des images mentales.
L'image mentale est le matériau pédagogique de base, il faut mettre à jour la façon dont cette image va être traitée. Maintenant, nous voulons nous occuper de ses modes d'emploi.
Ces modes d'emploi ne se réduisent pas à l'art par lequel l'enseignant transmet son message. Non. Les modes d'emploi auxquels nous pensons sont ceux qu'utilise l'élève pour se rendre attentif, pour réfléchir, pour mémoriser. Nous estimons qu'il existe des gestes mentaux pédagogiques dont le bon usage procure le succés à l'élève. Ces gestes mentaux pédagogiques sont au nombre de trois, qu'on doit considérer comme fondamentaux :
1) le geste d'attention par lequel le message pédagogique est accueilli par l'élève,
2) le geste de réflexion par lequel ce message est assimilé et devient opérationnel,
3) le geste de mémoire par lequel ce message est rendu disponible pour l'avenir.
Il faut reconnaître qu'il y a une vie mentale du dedans.
Comment ces gestes peuvent-ils être accomplis ?

FICHE MÉTHODE 1
Comment faire pour être attentif ?
Le geste d’attention
Être attentif, c’est distinguer dans le champ de sa perception ce que l’on va faire émerger pour le regarder ou l’écouter de manière spécifique. Il s’agit donc d’une attitude consciente et volontaire, qui est commandée par un geste mental particulier.
Le geste d’attention est défini par le projet de faire exister mentalement l’objet perçu.
En pratique :
Pour être attentif, je dois me donner la consigne suivante :
=> Je vais regarder avec le projet de revoir dans ma tête.
=> Je vais écouter avec le souci de me redire ou de réentendre, ce que j’ai perçu.
Je peux contrôler l’efficacité de mon geste d’attention en confrontant mon image ou ma redite mentale avec la réalité de ce que je perçois.
A l’école, ce geste d’attention doit être pratiqué dès que l’enseignant insiste sur un point en le répétant ou en le marquant au tableau.
FICHE MÉTHODE 2
Comment faire pour réfléchir ?
Le geste de réflexion

Réfléchir, c’est se redonner une loi, une règle, des connaissances, puis les fléchir pour les appliquer à une situation particulière.
Il s’agit donc d’aller chercher dans son « stock mental » des éléments qui serviront à traiter correctement un problème particulier.
Le geste de réflexion consiste à mettre en relation l’évocation des données d’un problème et celle des règles et des connaissances déjà enregistrées.
En pratique :
Pour être réfléchir sur un sujet ou un problème, la méthode est la suivante :
=> Je ne me contente pas de percevoir les données, je vais les évoquer, c’est-à-dire me les redire ou les revoir dans ma tête.
=> Je fais appel à l’évocation de la règle ou des connaissances correspondantes.
=> Je les applique aux données.
Cette méthode doit être utilisée aussi bien pour traiter un problème de mathématiques qu’un sujet de français. L’essentiel est de ne pas s’en tenir à la perception de l’énoncé, mais de le convertir en images mentales : c’est la condition indispensable pour que la communication puisse se faire avec les acquis culturels.

FICHE MÉTHODE 3

Comment faire pour retenir ?

Le geste de mémorisation

Mémoriser, c’est rendre disponible pour l’avenir des éléments que l’on a perçus, puis évoqués. Il s’agit donc, comme pour les « gestes » précédents, de transformer sa perception en évocation ; mais il faut y ajouter le projet spécifique de retrouver cette évocation dans une situation future.
Le geste de mémorisation consiste en un projet de tenir ce que l’on évoque à la disposition de son avenir.
En pratique :
=> Je fais d’abord le geste d’attention : je perçois avec le projet de revoir ou de me redire dans ma tête.
=> Je me redonne mon évocation en la plaçant dans la situation d’avenir où j’aurai à l’utiliser (classe, examen, prestation professionnelle).
=> Je recommence en enchaînant les évocations jusqu’à ce que l’ensemble soit exact, complet et ordonné.