Les amours de Berlusconi

Publié le 16 août 2009 par Juval @valerieCG

Pendant qu’en France nous débattons gentiment d’une truffe en burkini et de la canicule - les deux n’allant pas forcément de pair - l’Italie piétinait allégrement les droits humains.

En 2004 Berlusconi avait déjà signé une convention avec la Libye, faisant de cette dernière son garde-chiourme face à l’afflux de migrants d’Afrique sub-saharienne.
Ont été ainsi envoyés en Libye des milliers de clandestins au mépris de la convention de Genève sur les droits des réfugiés ; en effet avant de renvoyer un clandestin, le pays d’accueil doit s’assurer que ses droits seront respectés et qu’il ne peut bénéficier du statut de réfugié.
En Libye, les clandestins supposés sont déportés, torturés et enfermés dans des prisons dans des conditions sanitaires déplorables.


Ils n’ont pas pu mettre des règles à l’immigration, maintenant ils vivent dans des réserves ! Penses-y !“.
(Affiche électorale de la Ligue du Nord pour les élections législatives du 13 et 14 avril 2008).

Cette convention a été renforcée avec la visite en Italie de Kadhafi en 2008 pendant laquelle a été signé un traité d’amitié et de coopération. Tripoli obtient 200 millions de dollars sur 25 ans au titre des dédommagements face à la période coloniale et en échange, promit à l’Italie d’avoir “moins de clandestins et plus de gaz et de pétrole libyen“.
Face à l’immigration, l’Italie a le soutien de Frontex, l’agence européenne de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne qui fait pression sur les pays dont proviennent les clandestins. Ces pays ne respectent en général ps les droits humains et les pressions de Frontex ne font qu’accentuer cet état de fait.
Dans un de ses derniers rapports, Frontex signale d’ailleurs que la Lybie réclame de plus en plus de matériel dans le but de lutter contre l’immigration clandestine dont des hélicoptères et des radars. Bien sûr, dans un pays dont le dirigeant s’est toujours illustré par une conduite irréprochable, cela ne signifie sans doute rien.

Suite à cet accord, nous avons encore eu droit à l’humour décapant de Berlusconi “Cet été les seules plages vides en Italie sont celles de Lampedusa“. (plage où arrivent les clandestins en provenance d’afrique).

Sauf que cela ne suffisait pas. Berlusconi doit en plus composer avec ses alliés de la Ligue du nord, à côté de qui Le Pen fait office d’aimable gauchiste. La Ligue a réalisé un score important aux législatives et il faut donc composer avec eux, ce qui, hormis pour des raisons politiques, ne déplaît pas foncièrement à Berlusconi.
Le 8 août vient donc d’entrer en vigueur, avec la parution au JO des décrets d’application, la loi contre la criminalité et l’immigration clandestine.
Tout clandestin qui travaille ou non, sera expulsé.
Il devra auparavant s’acquitter d’une amende compris entre 5 et 10 000 euros.
Toute personne hébergeant un clandestin risque 3 ans de prison.
La période maximale de détention en centre de rétention passe de 2 à 6 mois.
Les immigrés en situation régulière devront désormais payer entre 80 et 200 euros pour leur renouvellement de permis de séjour.

(prochaine illustration du livre de Nadine de Rothschild “Le bonheur de séduire, l’art de réussir”)

Cette loi punit uniquement ceux hébergeant un clandestin, comme les nombreuses familles employant des baby sitters ou des garde-malades ; les entrepreneurs, les agriculteurs exploitant les clandestins ne risquent évidemment rien. Sont ainsi concernées 500 000 femmes des pays de l’est.

Sont également autorisées les rondes de nuit de citoyens sous condition qu’ils n’aient pas d’armes. Oui on appelle aussi cela des milices.

L’Europe s’interroge sur la légalité d’une telle loi au regard du droit européen.
Les berlusconneries
Les propos d’un sympathique membre de la Ligue du Nord : “il serait juste de leur faire comprendre comment ils [les immigérs] doivent se comporter, en utilisant les mêmes méthodes que les nazis“.