Considérations...par Patricia Laranco.

Par Ananda
L'Homme, pour tenir debout, a tellement besoin de donner un sens à son existence !
Du coup, il serait prêt à se raccrocher  à n'importe quel délire, du moment que ce dernier est partagé par  d'autres, en grand nombre.
Rien ne lui fait plus peur que l'incertitude, la confusion !
Il aime avoir des réponses (même fausses).
Alors que la vie n'est que questions (même vraies).


Pour avoir des réponses, il faut commencer par poser des questions.
Toute question n'est-elle pas l'embryon, l'ébauche d'une réponse (quand on sait bien la regarder ou, plus exactement, l'entendre) ?


Dieu a-t-il créé l'Homme à son image...ou est-ce plutôt l'Homme qui a créé Dieu à la sienne ?


Tout ce que nous percevons ne fait que nous renvoyer un reflet de nous-mêmes.
De sorte que toute chose est susceptible de nous tendre un miroir.


La poésie...est-ce l'art d'arracher au monde une autre parole ?
Est-ce un trop-plein de sensibilité, de perception qui déborde ?
Est-ce une recherche d'ordre, ou de désordre, de distorsion ?
Ne serait-ce pas une sorte d'école buissonnière mentale ?
Je ne sais. Ce que je sais, c'est qu'elle peut parfois se montrer harcelante.


Pour avoir (une chance) d'avoir les vraies réponses, il faut poser les vraies questions.
Par exemple, "pourquoi les hommes sont-ils méchants et violents ?" ne me paraît pas une question très pertinente, dans la mesure où elle reflète un étonnement qui me semble porter la marque d'une certaine mauvaise foi.
La question à poser ne serait-elle pas plutôt : "pourquoi l'Homme ne serait-il pas méchant et violent ?"
L'idéal de non violence résulte probablement de l'empathie.
L'Homme est un primate fortement social, qui doit à tout prix préserver le bon fonctionnement de son groupe, donc collaboration, entente afin que la cohésion se maintienne.
Reste que la violence est en lui : il appartient à la Nature qui, on le sait bien, n'a rien de tendre.
De plus, il a été contraint au cours de son évolution (tournant décisif) à se transformer en chasseur et en mangeur de viande. Tuer du gros gibier à grande échelle lui a peut-être donné le goût du sang et de la tuerie.
Le "monde de paix" dont rêvent les sages et les moralistes, les poètes et les mystiques est-il autre chose qu'un état d'empathie étendu à l'échelon universel ?
N'est-ce pas l'empathie (cet effet des neurones-miroirs) qui génère ce fameux sentiment d'être relié à l'ensemble des êtres, des choses qui constituent le monde qui nous est extérieur ?
Ne serait-ce pas elle, la source du vieux rêve poético-mystique fusionnel ?


Avant de se méfier des autres, se méfier d'abord de soi-même. C'est là un préalable à toute tentative de se protéger.
Si tu ne te méfies pas de toi-même, tu ne peux te méfier des autres.
Apprendre à se connaître soi-même, c'est apprendre à ne pas se faire confiance.



Patricia Laranco.