Route Du Rock – 16 Août 2009

Publié le 24 août 2009 par Mathieugandin


Plus folk, avec Bill Callahan, Andrew Bird ou encore Grizzly Bear, la journée s’annonce bien calme pour une fin de festival. Le temps grisonnant, ainsi que la mine fatiguée des festivaliers semblent s’accorder avec la musique pop et mélancolique qui s’annonce. Dominique A, qui n’est pas non plus le plus drôle des chanteurs, est aussi là pour représenter la scène française.
Même si on n’avait pas été entièrement transporté avec leur premier album “Dance Mother“, on décide malgré tout de se rendre au Palais du Grand Large pour y voir Telepathe. Leur passage se révèle bien ennuyeux et n’arrive pas à nous sortir de notre torpeur, à l’exception de deux morceaux : In Your Line où les deux filles balancent une rythmique tribale plutôt efficace, ainsi que So Fine qui permet au duo de mettre debout presque toute la salle de l’auditorium.

On part immédiatement pour le Fort de St-Père afin de ne pas louper Bill Callahan. C’est avec une certaine classe que le songwriter aborde son set. Accompagné d’une petite section de cordes, d’un batteur et d’un deuxième guitariste, Bill Callahan nous offre quelques uns des ces plus beaux morceaux issus de “Sometimes I Wish We Were An Eagle“, qui trouvent ici toute leur intensité dans le grain clair-obscur du couché de soleil. La voix grave de Bill Callahan se révèle d’une incroyable sensualité, à tel point qu’on imagine bien Callahan poursuivre sa carrière tel un nouvel Lee Hazelwood en attente de sa Nancy Sinatra.

Très attendu, Andrew Bird conquiert l’assistance en un sifflement. A coup d’autosample de violon, Andrew nous gratifie d’un show plutôt efficace et carré. Est-ce la fatigue, la lassitude, où le trop plein de maestria du chanteur, mais le passage d’Andrew Bird ne nous emporte pas totalement malgré l’indéniable joliesse des chansons. Gageons qu’Andrew saura se garantir d’un trop plein de virtuosité, histoire d’éviter de finir en Clapton de l’archet.

Seul chanteur français de cette édition 2009 de la Route Du Rock, Dominique A nous montre qu’il ne manque décidément pas de courage. Seul sur scène, avec juste une guitare, un clavier et une boîte à rythmes, Dominique A nous gratifie d’un set impérial, dominé par quelques morceaux de son dernier album “La Musique“, tel que l’électronica froide d’Hotel Congress, ainsi que quelques vieux titres brillamment exécutés comme le très électrique Pour La Peau. “Et maintenant une chanson marine” nous annonce-t-il avant de s’élancer dans le superbe Horizon où son jeu de guitare galope tel un cheval au galop avant d’évoquer les ambrins par des riffs lancinants. Finissant sur une version électro-rock du Courage des Oiseaux Dominique A nous a livré un grand moment d’intensité.

Grosse sensation indé de cette année, Grizzly Bear était attendu avec énormément d’impatience. L’équipement enfin réglé, le groupe arrive pour saisir ses instruments et puis plus rien, plus de lumière. Grizzly Bear repart sous les sifflets. Allons nous rester là, bredouilles ? Finalement tout revient à la normal, et le quatuor exécute d’entrée de jeu le superbe Southern Point alternant des passages calmes plutôt folk avec des moments emphatiques et rock. Changeant souvent d’instruments sur scène, les membres de Grizzly Bear passent du rock au folk, échangent parfois les traditionnels guitare/basse/batterie par de la flûte, du glockenspiel, ou encore de l’omnichord. Lorsque le groupe attaque les premières notes de piano de Two Weeks le public est conquis d’avance, et on se demande alors si Grizzly Bear ne vient pas de composer l’ultime chanson pop que l’on attend de Radiohead depuis “OK Computer”. Le grand moment de la journée.

On décide de s’arrêter alors sur une aussi belle note, la tête pleine de bons moments : Mark Kozelek et sa guitare à nylon, My Bloody Valentine décidé à donner des acouphènes au public, Peaches qui marche sur le public … On resigne sans hésiter pour une prochaine édition !

Par Mathieu

Article publié sur le site Indiepoprock.net

PS : J’ai mis une vidéo du clip de Two Weeks de Grizzly Bear pour illustrer ce post. Comme vous l’avez sûrement compris en lisant cet article, j’aime beaucoup ce morceau, et il m’a beaucoup accompagné les jours suivants la Route Du Rock …

Le plein de Myspace à écouter :

Telepathe

Andrew Bird

Dominique A

Grizzly Bear

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