François Fillon face à la taxe qui l'a carbonisé

Publié le 12 septembre 2009 par Exprimeo
Le Premier Ministre éprouve du mal à dépasser l'épisode de la taxe carbone qui a poussé très loin un désaveu atypique lourd à assumer dans le temps. L'exécutif a une piètre considération du bon sens des citoyens Français. Tout le discours officiel repose sur le message que la taxe carbone serait indolore puisque l'Etat rembourserait les montants collectés. Si ce postulat de principe était juste, il serait déjà possible de s'interroger sur l'utilité de taxer pour ... rembourser. Ne serait-il pas plus simple d'affecter autrement des recettes déjà prélevées sans en ajouter une nouvelle ? Mais surtout, le prélèvement et le remboursement sont déjà quantifiés. Or, par l'assiette même de la taxe, le montant du remboursement devrait être indéterminé à ce jour. La taxe repose notamment sur une augmentation de 4 cents d'euros (HT) sur le prix du litre d'essence. Comment le Gouvernement peut-il connaître à ce jour le nombre de kilomètres parcourus par chaque automobiliste pour l'année 2010 ? Il est établi que ce nombre de kilomètres ne sera pas uniforme. Par conséquent, il devrait y avoir un état déclaratif par foyer pour que ce remboursement soit individualisé et la taxe alors réellement indolore. Il en est de même pour le fuel dans les habitations. Comment le Gouvernement peut-il connaitre aujourd'hui la rigueur de l'hiver prochain donc une partie des contraintes de chauffage ? Mais surtout, si la taxe doit être indolore, comment traiter les inégalités des superficies des habitations qui impactent directement le coût du chauffage ? La taxe carbone va non seulement augmenter le poids des prélèvements publics mais surtout elle dénote le mépris de dirigeants qui, par la seule annonce officielle erronée, considèrent que les payeurs seront piègés par leurs démonstrations dépourvues du moindre bon sens de terrain. C'est inquiétant pour la confiance qui devrait être le socle d'une bonne relation démocratique. Dans le discours présidentiel dans l'Ain, le chiffre par litre d'essence est erroné puisque donné hors taxe. Or les ménages ne récupèrent pas la TVA ... Pour toutes ces raisons, la taxe carbone est une bombe à retardement sans compter que voir la France lutter seule en la matière tient d'une logique de raisonnement difficile à soutenir dans le temps. Pour toutes ces raisons de fond, les maladresses de forme dans les relations de l'exécutif deviennent encore moins "tolérables". C'est peut-être à terme le dossier qui impactera le plus lourdement l'image de marque de François Fillon que d'avoir accepté à la caricature le rabaissement de la fonction de Premier Ministre dans un domaine aussi contestable.