Du haut de cette pyramide :

Publié le 14 octobre 2007 par Le Petit Docteur

Deux manifestations contre deux mesures d'une même proposition de loi (PLFSS 2008) mais aucune convergence entre les mouvements.
Les uns (internes) luttent contre la remise en cause de la liberté d'installation des médecins libéraux.
Les autres (associations ,syndicats, associations de malades, un seul syndicat de médecins...) luttent avec raison contre la taxation des malades et la remise en cause de l'accès aux soins (Les franchises médicales).
Tous en appellent à l'égalité d'accès aux soins mais en défilant séparemment.
Les internes sont donc en colère depuis plusieurs semaines maintenant.
La source du mécontentement : le risque de non conventionnement de certains jeunes médecins s'installant dans les zones qui seront définies comme "surdenses" par la future Agence "Spéciale Démographie médicale".
En y regardant de plus près, nulle part,il est écrit qu'il leur sera "imposé" de s'installer dans les affreuses campagnes ou déserts médicaux qui ne concernent qu'une faible part du territoire.
Nulle part.
Une caricature que le refrain de l'exercice de médecine générale en campagne équivalent à une médecine de brousse et impossible à tenir pour les jeunes diplomés.
L'état ayant pour mission de garantir un égal accès aux soins sur l'ensemble du territoire, il parait donc logique qu'il agisse afin de ne pas ajouter à l'offre de soin existante de nouveaux praticiens dans les zones où cette offre est déjà pléthorique.
Le souci et là les internes ont raison de critiquer la proposition de loi :
Nulle part non plus, le gouvernement ne met en avant une réelle et franche politique favorisant l'installation des étudiants qui s'engagent à venir dans les régions sous-médicalées (bourses, défiscalisation, mise à disposition de locaux par les communes, création de nouvelles formes d'exercice dans les maisons de santé).
Là, il faut mettre de l'argent mais rien de neuf pour le moment à part quelques initiatives locales.
Sans oublier pour simplifier le tout, les prochaines annonces de fermetures ou de "migrations" d'un certain nombre d'établissements hospitaliers locaux de petites tailles souvent installés eux aussi dans ces zones sous médicalisées.
Il manque donc une jambe à cette politique démographique.
Ce qui me choque aussi un peu dans ce mouvement des internes c'est le "combat" pour l'égalité d'accès aux soins brandi comme un étandard mais l'absence totale de réserve ou de commentaire à propos des articles de la PLFSS concernant les franchises médicales.
Géométrie variable dans l'indignation ?
Pour illustrer mon propos deux tableaux :
la Carte de la densité des médecins généralistes en 2007 et la Pyramide des âges des mêmes médecins.
Cela vaut autant que de longs discours.


Une fois que l'on a vu ces deux tableaux, il apparait comme une évidence que le statut-quo est impossible à tenir.
Les zones blanches en appellent aux zones bleu-marine.
Pour rappel : 20 % des postes d'internes de médecine générales sont restés vacants à Rouen cette année faute de volontaires.