Kurozuka

Par Jibouille

La série commence au 12e siècle au Japon et est centré sur Kuro, qui rencontre une belle et mystérieuse femme nommée Kuromitsu alors qu’il était poursuivi par l’armée de son frère aîné, le fondateur de Kamakura, qui cherche à le tuer. Très vite, il tombe amoureux d’elle, partage son sort et est désormais incapable de mourir. Dans un avenir lointain, ayant vécu pendant des centaines d’années, il perd tous ses souvenirs sauf ceux de Kuromitsu. Il part à sa recherche pour avoir des réponses sur lui.

Voilà un manga qui prend à contre-pied. Le premier tome se révèle très différent des autres, et à plus d’un titre. Je ne ferai pas la critique de l’anime car je ne l’ai pas vu.

En effet, Kuro, le héros, est un samouraï, à une date indéterminée. Il est donc naturel de s’attendre à une histoire à la Kyo ou Kenshin. C’est un peu à reculons que je me suis investi dedans, aussi parce que le premier tome est brouillon, hésitant ce qui ne facilite pas la lecture. Toutefois, tout change dans les autres tomes avec un scénario intemporel (l’histoire s’étale sur presque 800 ans). Et là, je dirai que c’est le plus car les auteurs créent à chaque fois un univers majestueux, malgré la difficulté. Mais (car il y a toujours un mais), le manga redevient fouillis, à cause notamment de trop de personnages à double facette qui ont du mal à se situer. Heureusement, le faible blabla rend la lecture plus facile et les explications, claires pour une fois, ne cherchent pas à être philosophiques.

Du coté des personnages, l’ensemble est bon. Le héros est à multiples facettes, entre le justicier et le monstre. Il succombe à Kuromitsu, touché par sa solitude. Il veut la protéger mais au bout de quelques siècles, il change au fur et à mesure pour devenir un être dépourvu de tout sens moral. Kuromitsu est la seul qui n’évolue pas durant tout ce temps et reste fidèle à son amour. Par contre, il y a trop de protagonistes secondaires. Chacun d’eux est bon et mauvais à la fois, comme tous les humains. Mais cela joue sur les ennemis qui se révèlent sans intéret. Seule leur quête d’immortalité est juste car c’est le propre de l’homme de vouloir l’éternité, surtout en comparaison de Kuro qui ne veut qu’une chose, pouvoir mourir.

Le dessin est étrange, bien travaillé au niveau du décor mais décevant pour ce qui concerne les personnages dont les visages sont comme… gonflés comme des ballons ou étriqués. Le tout m’a fait penser à Blame, très détaillé mais pas très beau. Les différents paysages sont magnifiques de réalisme, quelque soit l’époque. D’où ma déception de voir des persos si laids. Un contraste dont je me serai passé.

Kurozuka est un manga à double tranchant à l’histoire intéressante mais brouillon; au style particulier et aux personnages travaillés. Les points positifs sont plus nombreux ce qui explique mon 7 mais je reste sur mon impression que les auteurs ont été trop maladroits dans la réalisation, vu l’histoire un peu bordélique.