Apologie de la Déraison (10)

Publié le 01 octobre 2009 par Zegatt

- La seule véritable religion est celle qui fait frémir le corps en le prenant aux tripes, celle qui saisit au plus profond du coeur et de l’âme. Elle traverse les cinq sens et, suprême vibrato, entraîne l’être dans son unicité indivisible.
Le seule véritable religion est vie, elle est art ; elle est. Elle est, et ne réclame en aucun cas des spéculations sur le passé, l’avenir, ou l’ailleurs. Elle se contente du ici, du maintenant, et offre la transcendance.
Elle est l’adéquation du corps et de l’âme à son paroxysme.

- Je l’écoute. Il parle d’accomplissement, de la satisfaction qu’il y a à réussir, de l’estime que l’on y acquiert.
Je vois ce qu’a permis cet accomplissement dont il parle, cet accomplissement dont par le passé il a fait un but et jamais un moyen. J’en vois le résultat et, je songe alors que je ne veux de cet accomplissement ni comme but ni – sans doute – comme moyen.

- La littérature est une ode au drame ; il est en effet normal que l’écrivain trouve plus de choses à dire sur l’obscurité – qui permet l’ombre – que sur la clarté, qui pour sa part se contente d’être monochrome.

- Toute création originale implique la destruction. Il faut détruire ce qui a été pour produire quelque chose qui n’a pas encore été, assimiler ce qui précède pour ne pas commettre l’erreur de le reproduire en prétendant être le premier.
La destruction, dans ces conditions, est donc une connaissance. Elle est partie intégrante de la création, si elle n’en est pas jusqu’à l’élément essentiel.

- La grandeur s’atteint en accomplissant non par ce que l’on est, mais parce que l’on est.