Côme Morane, le vrai héros de tous les temps

Publié le 08 octobre 2009 par Florent

En voyant l’amusante vidéo d’un allemand qui voyage à pied à travers le nord de la Chine, mes enfants ont découvert la chanson d’Indochine « l’aventurier » ; et ils l’ont bien aimé.

Alors nous avons tourné pendant les vacances du  黄金周 (la « golden week » de la fête nationale), un petit film que voici en lien :

 Côme Morane, le vrai héros de tous les temps

 

 (le téléchargement risque d’être un peu long s’il est fait de France, car la vidéo est hébergée sur un portail chinois)

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J’en profite aussi pour coller quelques lignes extraites d’un mail à nos amis :

Vacances

Et oui, c’est déjà les vacances ! Nous finissons aujourd’hui la huangjinzhou 黄金周, ou « golden week », une fête qui combine cette année l’anniversaire de la « nouvelle chine » (entendez la RPC ; et venez voir en quoi elle est nouvelle) et la fête beaucoup plus traditionnelle de la mi automne, le quinzième jour de la huitième lune. (Voir un poème lié à cette fête )

Alors nous sommes partis dans la province de l’Anhui, une province montagneuse et plutôt pauvre au sud ouest de Shanghai. Nous avons randonné sur une ancienne piste de contrebande de thé qui passe du Zhejiang à l’Anhui. Notre guide portait Blaise ! Un bonheur pour mes reins de papa fatigué. Ensuite nous avons visité des gorges mentionnées dans les traités antiques, et de jolis anciens villages épargnés par la révolcul puis par la modernisation.

Un week end précédant les vacances, nous avions été à Ningbo, sur la côte au sud de Shanghai, dans un hôtel sur un bout de côte un peu sauvage que m’avait signalé une amie hongkongaise. L’eau était jaune mais chaude (ou chaude mais jaune, comme vous voudrez) ; les enfants y passé des heures dans les rouleaux d’un gros typhon qui, fort heureusement, avait changé de route à Taiwan pour se diriger vers le Japon. Sur la plage, des dizaines de mariées en robe posaient, posaient, posaient. Nous nous sommes régalés de fruits de mer parfois étranges. Nous avons observé (sans goûter) des limules, ces crustacés préhistoriques, sortes de chars d’assaut arrondis et munis d’un dard arrière impressionnant.

Déménagement culturel

Pour moi, ce déménagement est l’occasion de poursuivre les pérégrinations interculturelles commencées à Hong Kong puis développées à Paris. Les questions que je me pose me brûlent toujours autant les lèvres. En voici quelques unes, illustrées par des exemples qui n’ont certes pas valeur de réponse.

-Y a-t-il vraiment continuité dans le développement de la civilisation chinoise depuis plus de quatre millénaires ?

oPour voir un exemple de continuité

-Héritée de Confucius et de l’antiquité chinoise, la primauté du collectif sur l’individuel l’emportera-t-elle sur les pressions de la modernité, ou devra t elle craquer ?

-Quel bilan tirer de ces années Mao ?

oAprès avoir visité une exposition d’affiches de propagande, dont une bonne partie propageait fort justement les besoins d’alphabétisation, de développement durable (et oui : « recyclez l’eau de cuisson du riz pour la donner aux porcs »), une pensée ironique m’est venue à l’esprit : 70% de mauvais et 30% de bon.

oDans le mauvais je vois clairement la destruction des usages et codes sociaux traditionnels. Les signes sont nombreux aujourd’hui d’un désir de les voir renaître ; Des jeunes de 30 ans expliquent qu’ils ont eux mêmes définitivement perdu ces codes (politesse, respect des anciens…), mais qu’ils veulent les « réapprendre » à leur(s) enfant(s)

-La fierté chinoise d’aujourd’hui est-elle légitime compte tenu des humiliations passées et des succès récents, ou bien est-elle excessive et dangereuse ?

-Sachant que les chinois sont beaucoup plus marqués par l’ethnicité que par l’idée de nation (qui n’a jamais vraiment abouti ici à mes yeux, alors qu’aujourd’hui en Occident la nation est menacée par la globalisation), peut on parler d’un nationalisme chinois ? Quel est il ?

oVoir un papier sur la diversité et l’ethnicité

-Peut-on avoir une agressivité commerciale sans agressivité politique ou culturelle ?

-Et surtout : la culture chinoise à l’histoire si riche et si belle est elle toujours présente et vivante dans la vie des gens ? C’est la plus importante à mes yeux ; je suis aux aguets sur cette interrogation.

Ces questions me taraudent mais n’ont pas de réponse. En observant bien autour de soi, en parlant avec les gens, on voit parfois un mot ou un reflet, une petite perle qui brille faiblement et qui signifie quelque chose, dans un sens ou dans l’autre.

Si vous avez des lectures ou des idées là-dessus, je serai heureux de vous lire !