Le CNRS a 70 ans, et la recherche trinque

Publié le 19 octobre 2009 par Monthubert

Il y a 70 ans, sous l’impulsion des grands chercheurs Irène Joliot-Curie et Jean Perrin, Jean Zay créait le CNRS. Depuis lors, cet organisme de recherche joue un rôle de tout premier plan dans la définition de la politique scientifique française, l’organisation de la recherche, et la contribution scientifique. Cet organisme de recherche, qui s’est fortement rapproché des universités depuis 40 ans, a permis des avancées scientifiques majeures et reconnues comme telles au niveau international. Il accueille de nombreux chercheurs d’origine étrangère, qui viennent y trouver un cadre leur permettant leur créativité scientifique. Parmi les distinctions internationales remises aux Français, la grande majorité sont relatives à des recherches auquel le CNRS a contribué.
Pourtant, depuis des années la droite n’a de cesse d’affaiblir le CNRS, et par là-même l’ensemble de la recherche française. Le discours tristement célèbre du 22 janvier 2009, où Nicolas Sarkozy a de fait insulté les chercheurs français, en dit long sur sa conception de la recherche.
Si la mobilisation importante des chercheurs a pour le moment empêché le gouvernement de détruire cet organisme, il n’en reste pas moins que sa situation est devenue de plus en plus difficile. Il est contourné pour définir la politique scientifique nationale, comme l’a montré la semaine dernière Valérie Pécresse qui a formulé 29 propositions pour le grand emprunt sans que les instances scientifiques du CNRS ne soient consultées. Par ailleurs, il y a moins de chercheurs au CNRS aujourd’hui qu’en 1990. En revanche la précarité a fortement augmenté, ce qui entraîne une crise des vocations et un fonctionnement contre-productif.

Ce qui se passe au CNRS illustre bien les mensonges du gouvernement. Celui-ci clame qu’il fait des efforts sans précédent pour la recherche et l’enseignement supérieur. Mais la réalité est tout autre. D’après le Rapport sur les politiques nationales de recherche et de formations supérieures préparé par l’Etat dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2010, “La progression de la DIRD en 2008 (+ 1,9 % en valeur et - 0,6 % en volume) serait ainsi un peu plus faible que celle enregistrée en 2007 (+ 2,1 % en valeur et - 0,4 % en volume). Cette évolution des dépenses de recherche se traduit de fait par une diminution de l’effort de recherche mesuré par le ratio DIRD / PIB (2,02 % en 2008 contre 2,04 % en 2007). Ce ratio est en baisse depuis 2002 après avoir connu une période de hausse entre 1999 et 2002.” En 2002, ce ratio était de 2,23%. La moyenne au niveau de l’OCDE était en 2007 de 2,29%.
Enfin, les crédits budgétaires publics de recherche et développement par rapport au PIB sont en baisse depuis plusieurs années d’après le même rapport : il sont passés de 0,99% du PIB en 2003 à 0,74% en 2007. En ce qui concerne les crédits pour la recherche civile, nous sommes passés sur la même période de 0,76% à 0,53%.
Tout cela traduit le désengagement de l’Etat vis-à-vis de la recherche publique. Valérie Pécresse est sans doute championne en slogans, ses actions montrent une réalité bien différente. 450 millions de suppressions de crédits en 2009, des mensonges sur les chiffres de dépense par étudiant, un budget 2010 qui soulève les doutes de la Conférence des Présidents d’Universités sur sa sincérité… Voilà qui pourrait motiver son envie de quitter la rue Descartes pour le Conseil Régional d’Ile de France : l’heure des bilans arrive, et ils ne sont pas à sa gloire. Malheureusement pour elle, la présidence de la région Ile de France ce n’est pas la présidence de l’EPAD : elle se gagne par les urnes. Et les électeurs devront se souvenir des mensonges de Valérie Pécresse quand ils glisseront leur bulletin dans l’urne.

Pour le Parti Socialiste, une autre politique de recherche est nécessaire, et une réorientation du budget 2010 indispensable, comme nous l’avons proposé récemment.

A l’occasion des 70 ans du CNRS, le Parti Socialiste souhaite transmettre sa confiance envers tous ceux qui oeuvrent pour la recherche dans notre pays, et s’engage à leur donner un avenir, qui est lui-même le fondement de notre avenir collectif.