Je ne vais pas applaudir le lauréat du Prix Ozoir’Elles

Par Georgesf

Le Prix Ozoir’Elles couronne chaque année un recueil de nouvelles. Un bon recueil de nouvelles. Mais cette année, je ne vais pas applaudir son lauréat.

Ce que ce prix a d’intéressant, c’est son vote féminin : les femmes lisent plus que les hommes, elles ont le droit d’avoir leur prix bien à elles.

Ce que ce prix a d’intéressant, c’est que le vote du jury est double :

> un vote des lectrices d’Ozoir-la-Ferrière, des lectrices comme vous et moi, plutôt comme vous, en fait. Des lectrices qui, après avoir lu tous les recueils finalistes, élisent leur préféré.

> ce vote est ensuite agrégé (j’ai choisi ce participe passé pour faire littéraire, c’est quand même plus chic qu’un besogneux « incorporé ») au vote d’un jury de femmes écrivains. Je sais, j’aurais pu écrire écrivaines ou auteures, mais une femme écrivain, c’est plus troublant, plus sensuel, plus féminin. Ces femmes écrivains savent lire et écrire. Il suffit de citer leurs noms pour s’en convaincre : Régine Deforges (présidente), Victoria Bedos, Véronique Genest, Simonetta Greggio, Macha Méril, Annie Saumont et Emmanuelle Urien.

Le lauréat du Prix a bien de la chance, il doit se sentir bien élu. Mais je ne l’applaudirai pas. Non, non, pas question, j'ai le sens du ridicule.

Dans un mois, ce lauréat sera présent au Salon du Livre d’Ozoir-la-Ferrière. Il y signera son recueil, tout content de lui. J’imagine déjà son petit air faraud. Mais je ne lui demanderai certainement pas de dédicace, ah ça non ! Ce n’est pas mon genre.

Il montera sur l’estrade pour recevoir son chèque de deux mille euros. Il sourira, benêt, et tout le monde l’applaudira. Tout le monde sauf moi : j’ai le sens du ridicule. Tout le monde lui posera plein de questions sur son recueil. Tout le monde sauf moi : je ne vois vraiment pas de questions à lui poser.

Je relis ce billet, et j’ai une crainte : vous allez croire que je fais la gueule. Mais non, j’allais oublier de le préciser, le lauréat, c’est moi. C’est plus exactement « Qui comme Ulysse ».

 

Et cette bonne nouvelle me fait un bien que vous n’imaginez pas. Elle arrive au moment où je peine en écriture. Elle m’encourage à peiner encore plus, c’est comme ça que ça marche.

Vous l’avez compris, je suis heureux. Pour un peu, je m’applaudirais.

Je vais avoir beaucoup de gens à remercier, dont les critiques qui ont fait un bel accueil à ce brave Ulysse. Mais aujourd’hui, j’aimerais commencer par les blogs littéraires. Merci les blogueuses, merci les blogueurs : vous avez beaucoup contribué au décollage de ce recueil. Et pardon à ceux ou celles que j’aurais oublié de mentionner dans cette liste : il est encore temps de me le signaler pour une mise à jour.