Douce Amère

Publié le 30 octobre 2009 par Orange Mecanique & Lady Penelope

Novembre approche. Il est plus que temps de remiser définitivement les vêtements estampillés Printemps-Eté au profit des pulls à col roulé, écharpes, manteaux, bottes et autres accessoires anti-froidure.

Un autre bouleversement accompagne cette transhumance été-hiver, celui du parfum. Il y a quelques années maintenant que le changement de saison s’accompagne d’une modification de mes préférences olfactives. Si l’été est le temps des eaux fraîches en tous genres, de fragrances légères et aériennes, je m’autorise des senteurs plus soutenues, voire capiteuses quand le thermomètre s’effondre.


Depuis 1992, les Salons du Palais Royal de la maison Shiseido abritent les trésors de Serge Lutens, un génie. Dès 1968, ce dernier a collaboré durant 12 ans avec la maison Christian Dior jusqu’à lancer une marque qui porte son nom. Ainsi, en avril 2000 naissent 5 fragrances : Ambre Sultan, A la Nuit, Sa Majesté la Rose, Arabie et Douce Amère. A l’occasion, il faut ab-so-lu-ment visiter ce temple de la création, une pure merveille pour les sens.

C’est ce dernier qui m’accompagne durant les journées d’hiver depuis plusieurs années, suite à un véritable coup de foudre.
La petite histoire veut que Douce Amère a été inspiré à l’artiste par une plante mélangée traditionnellement au thé marocain, l’absinthe, aussi appelée chiba ou encore "fée verte" et qui pousserait, parfois, vers la folie...


Comme tout parfum, il s’articule autour de 3 notes. Parlons technique : la note de tête, absinthe, anis et cannelle, la note de cœur, tiaré, jasmin et lys et enfin la note de fond, vanille, musc et cèdre. Tout cela crée un parfum à la fois floral et chaud.

On peut être surpris par la forte présence de l’anis au départ. Mais, comme tous les Lutens, et c’est l’une de leurs multiples particularités, il s’agit de "parfums de peau", travaillés avec des essences et des concentrations exceptionnelles qui prennent toute leur dimension au contact de l’épiderme. C’est pourquoi, très rapidement, il devient sucré et me fait penser à la douceur de la cacahuète grillée, au "chouchou" de mon enfance...



Oui, l’hiver approche, il ne s’agit pas d’une considération météorologique (pas assez fiable) mais bien d’une certitude olfactive, Douce Amère est de retour et, avec elle, une sérieuse envie de gourmandise.
Site officiel de Serge Lutens