Qui blâmer à Copenhague en cas d'échec?

Publié le 06 novembre 2009 par Fouchardphotographe @fouchardphoto

BARCELONE - Les Nations unies prévoient d'ores et déjà que la réunion de Copenhague sur les changements climatiques, du 7 au 18 décembre, ne permettra pas d'obtenir un traité légalement contraignant.

De nombreux facteurs compromettent en effet les chances de succès du sommet.

LA CRISE ÉCONOMIQUE

La crise financière et économique est subitement devenue la première priorité mondiale après l'accord conclu en 2007 à Bali, en Indonésie, pour forger un nouveau traité pour décembre 2009.

Les pays riches ont certes tenté d'orienter une partie des colossaux plans de relance vers le développement de technologies "vertes", mais n'ont pu aider financièrement ceux en développement.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, le ralentissement de l'économie mondiale devrait entraîner une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'au plus 3% cette année.

LES ÉTATS-UNIS

Les délégués des réunions de l'Onu espèrent de moins en moins voir les Etats-Unis voter une loi sur la réduction des émissions avant Copenhague.

Les Etats-Unis, deuxième émetteur mondial après la Chine, sont le seul pays industrialisé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto, qui vise à réduire les émissions avant 2012.

De nombreux pays avaient salué en janvier la promesse du président Barack Obama de mieux lutter contre le réchauffement, mais espéraient une action plus rapide de sa part.

CLIVAGE NORD-SUD

Les pays en développement accusent les Etats les plus riches de ne pas tenir leurs promesses d'aide.

L'objectif, fixé en 1970 par l'Onu, d'accorder 0,7% du PIB à l'aide au développement n'est respecté que par très peu de pays riches.

LES PAYS DÉVELOPPÉS

La plupart des pays riches promettent des réductions des émissions bien inférieures au niveau préconisé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec), qui juge nécessaire de les diminuer avant 2020 de 25% à 40% sous leur niveau de 1990.

Globalement, les pays développés promettent entre 11% et 15% de baisse sur l'intervalle 1990-2020. Les engagements les plus ambitieux ont été formulés par le Japon, l'Union européenne, l'Australie et la Norvège.

LA CHINE, L'INDE ET LES AUTRES GRANDS PAYS ÉMERGENTS

Plus de 90% de la croissance des émissions prévue entre aujourd'hui et 2030 devrait venir des pays en développement, dont 50% de la seule Chine, a indiqué cette semaine le représentant des Etats-Unis pour le climat, Todd Stern.

"Aucun pays ne tient plus le sort de la planète entre ses mains que la Chine. Aucun", a-t-il insisté. La Chine et l'Inde assurent ralentir la hausse de leurs émissions, mais ajoutent que leur priorité est d'accroître le niveau de vie en consommant plus d'énergie, comme les pays développés l'ont fait durant 200 ans.

LES INDUSTRIES POLLUANTES

Certains grandes industries ne sont guère enthousiasmées par l'idée de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone, craignant que cela ne réduise leur compétitivité.

LE CLIMAT

L'année 2008 a été la dixième plus chaude depuis le début des observations au milieu du XIXe siècle, mais la plus chaude reste 1998, en raison d'un puissant phénomène El Nino dans le Pacifique Est cette année-là.

L'Organisation météorologique mondiale maintient que la tendance de fond au réchauffement reste valable, mais les sceptiques du phénomène présentent ces données comme une preuve que le réchauffement ralentit.

LA POPULATION

Les habitudes de la vie quotidienne n'évoluent que lentement vers une moindre consommation d'énergie. De nombreux gestes simples à l'échelle individuelle pourraient faire une nette différence s'ils étaient suivis par des millions de personnes.

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