Sondages élyséens : circulez, il n’y a rien à voir

Publié le 17 novembre 2009 par H16

J’en parlais il y a quelques jours : l’agacement dans la majorité monte alors que les boulettes des uns et des autres s’amoncellent. Ainsi, à l’occasion du Sondagate, on se souvient que l’opposition avait appelé à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire histoire de tirer toute cette ténébreuse (et coûteuse) histoire au clair. Et patatras : la commission des Lois retoque la demande. Comme c’est surprenant.

De façon un peu facile, la Commission des Lois aura donc utilisé l’argument de la séparation des pouvoirs pour déclarer la demande socialiste irrecevable.

En gros, l’idée est qu’il serait contraire à la Constitution que le parlement aille fouiller dans les petits papiers (et grosses factures) de l’Elysée au motif qu’on ne mélange pas les torchons parlementaires du législatif avec les serviettes présidentielles de l’exécutif.

Peut-être.

On se rappellera avec nostalgie, par exemple, les précédentes incartades de certains ministres pour la libération de certaines personnalités ou l’exécutif ne s’était pas tant embarrassé de cette séparation du pouvoir qui reste, finalement, très commode et suffisamment souple pour s’adapter aux différentes contraintes politiques.

Il n’en reste pas moins vrai qu’on sent la manœuvre dilatoire pour éviter le gros scandale, puisque cette commission, à majorité UMP, a tout intérêt à ce que l’affaire soit rapidement enterrée.

De la même façon que les glauques magouilles du Karachigate ont été soigneusement évitées par les médias traditionnels pour n’être évoquées que par quelques journaux internet, on sent que la majorité s’emploie à rendre le Sondagate aussi inoffensif que possible.

Le pire, dans cette histoire, reste tout de même l’absence totale de surprise d’une telle décision : tout comme certaines (auto-)censures, tout ceci était parfaitement prévisible.

Et je ne crois pas me tromper beaucoup en prédisant que ces casseroles ne pèseront pas avec tout le poids qu’il aurait fallu lors des prochaines élections. Parions qu’à coup de propositions fumeuses à la graisse d’Identité Nationale ou aux morceaux de Tchador dedans, le Français aura vite fait d’oublier tout ça.

Ce pays est foutu.