Ressourcement

Publié le 22 novembre 2009 par Livmarlene


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Vilaine Fleur-de-Cactus qui vous a fait faux-bond toute une semaine ! C’est que vous comprenez, ces derniers temps, entre mon job, mes cours par correspondance (pour ma reconversion professionnelle. Longue histoire), les travaux de rafraîchissement de ma déco intérieure (celle de mon salon, pas celle de mes intestins), mes divers travaux d’écriture et dernièrement une amie hospitalisée à visiter, je me suis sentie comme vampirisée par ma propre vie.

Du coup, aucune inspiration, mais alors rien ! Je me suis bien forcée à pondre un billet sur la grippe A, mais le résultat n’avait pas d’âme. Pas que ce que j’écris d’ordinaire ait la profondeur des annales akashiques, mais en me relisant, je m’emm... moi-même. Aucune chance alors que cela trouve grâce à vos yeux. Et vous, mes chers lecteurs, êtes assez précieux (car assez rares) pour que je prenne soin de ne pas vous ennuyer.

Aussi ai-je pris à bras le corps ce problème d’exsanguination spirituelle. J’ai décidé qu’un silence vaudrait mieux qu’un mauvais billet et me suis mise en quête d’une activité qui sorte de mon quotidien.

C’est là qu’entre en scène OVS, le site de sorties bien connu des célibataires endurcis, des divorcés, des nouveaux venus dans une ville et autres phobiques sociaux en cours de thérapie comportementale.

On se choisit un pseudo, un mot de passe et nous voilà inscrits et donc autorisés à consulter la liste exhaustive des sorties proposées par les autres membres. Un ciné ? Bof. Une longue marche le long de la plage ? Mouais... Voyons les inscrits : homme 47 ans, femme 53 ans, femme 57 ans, femme 49 ans, femme 51 ans. Bon, on va les laisser entre eux. Initiation à la radiesthésie non. Atelier confection de macarons à 15€ de l’heure non. Chasse au trésor... Qu’est-ce que c’est exactement... 150 places et déjà 130 inscrits. Au moins, j’ai une chance de faire des connaissances. Inscription à 6€, c’est raisonnable (eh oui, à ses débuts le site refusait que les organisateurs demandent de l’argent. Mais tout évolue et aujourd’hui, la page d’accueil du site est un énorme panneau publicitaire). Durée : environ 2h30, ça me va. Enjeu : 120€ à se partager entre les 5 membres de l’équipe gagnante ou à utiliser ensemble pour un restau. Allez, je me lance. J’appelle une copine pour savoir si elle veut en être. Super, nous serons deux !


Nous rejoignons l’orga, à deux pas de là, exhibant notre santon en argile. L’homme est relativement impressionné par notre rapidité : 1H15 pour faire le parcours. C’est qu’on a couru un peu.Je vous passerai les détails de la constitution des équipes, les acolytes improbables qui ne feront que retarder notre duo efficace, l’aisance avec laquelle nous résoudrons les énigmes en parcourant le centre ville dans tous les sens au fil des indices, pour en arriver directement au pied de l’arbre au trésor. A notre arrivée, les copeaux d’écorce autour du tronc ont déjà été retournés. Merde, on nous a devancés ! Ma copine appelle tout de même l’orga pour confirmation : le trésor n’a pas encore été trouvé !! On se remet tous à ratisser et c’est un des deux gars qui trouve un petit paquet cadeau. Au moins un qui nous aura servi à quelque chose. Bon-sang, on a gagné !

L’apéro qui s’ensuit, voyant arriver les concurrents malheureux, n’a rien de franchement agréable. Certains nous accusent de tricherie, car nous avons laissé une question de côté en cours de route. Qu’importe, nous recevons notre prix et filons vers d’autres cieux : une amie de fac fête ses 31 ans et elle n’habite pas la porte à côté.

Une mini douche, un shampoing de la frange (pas le temps pour le reste de la tignasse), je saute dans une tenue assez smart pour faire bonne impression aux anciens camarades de promo et en route louloute !


Seigneur, qu’est-ce que j’ai pas fait de me laisser entraîner dans cette soirée. D’un côté un groupe d’inconnus qui restent entre eux, de l’autre mes anciens potes qui, manifestement n’ont plus grand chose à me dire. Ça parle layette, prêt immobilier et plan de carrière, tout ce que j’aime ! 22H, je dois encore tenir deux bonnes heures. Mal au ventre. La copine qui reçoit est adorable. Elle accueille ses invités, passe son temps les mains dans une paire de gants silicone à enfourner des plats pour les réchauffer avant de les poser sur le buffet. Elle trouvera même cinq minutes pour prendre de mes nouvelles. Pensez, trois ans qu’on ne s’est pas vues et sans ma coéquipière de chasse au trésor, je n’aurais même pas su que cette fête avait lieu ! Pour être honnête, ça ne m’aurait pas dérangée des masses. Au milieu de ces trentenaires figés comme des aspics dans le moule des jeunes cadres dynamiques, je me sens comme E.T. ou Alf, ou toute autre bestiole communément considérée comme anormale. Après un bref tour de politesse, je finis la soirée en compagnie des cousines de mon hôtesse, qui ont l’air de se faire ch... sévère. Elles sont agréables, sans façon et plutôt contente qu’une inconnue leur fasse un brin de causette. 1H du mat’. Enfin, une heure raisonnable pour prétexter la fatigue et la route à faire. Rapide au revoir. Désolée, vraiment désolée de vous quitter si tôt les mecs mais j’ai peur de me planter en bagnole si je pars plus tard. C’était bon de vous retrouver. Ouais, on s’appelle, carrément ! Ma portière claque. Instantanément, mon bide cesse de me faire souffrir. Les trois quart d’heure de trajet seront de loin la meilleure partie de ma folle soirée. Suis-je asociale ou simplement allergique à l’hypocrisie et aux mondanités ? J’ai fait des grimaces tout du long pour simuler des sourires, comme le génial Dexter simule des sentiments.

Et si j’étais vouée à devenir une céréal killeuse ? Bonne idée, en rentrant, je me jette un bol de Cookie Crisp dans le gosier.