Le piratage en Espagne : légende urbaine ou situation intenable ?

Par Actualitté
La piraterie est un réel problème, et l'Espagne ne serait pas le dernier pays à y être confronté : il compterait même parmi les pires contrefacteurs (sonnant trois fois) au monde. Pour Andreu Teixidor, ancien président de Destino, filiale de Planeta et intervenant de la Feria Del Libro Digital, qui se déroulera en Espagne, s'est récemment affolé de cette situation.
L'absence « honteuse » de protection de la propriété intellectuelle dans le pays placerait selon lui l'Espagne en deuxième place dans le monde du piratage numérique, juste après la Chine. En outre, les éditeurs évoqueraient régulièrement la tendance de leurs concitoyens à pratiquer le P2P activement, chose qui paralyserait le pays en matière de livre numérique. Mais ces craintes sont-elles justifiées, interroge Publishing Perspectives ?
Le secrétaire de IT and Telecommunications, Francisco Ros est formel : « Sûrement pas ! » et d'évoquer « une légende urbaine », qui ne repose sur aucune donnée vérifiée, attestant que l'Espagne pirate plus que ses voisins européens.
La Foire du livre numérique a débuté sur une conférence spécialement dédiée à la protection des droits avec une présentation de l'US Copyright Office, représentant des gouvernements de l'Angleterre, la France, l'Allemagne et la Suède. Mais l'IIPA, l'International Intellectual Property Alliance, était également de la partie, pour fait état de ses conclusions. On les retiendra simplement pour dire que par le passé, cette organisation a été largement critiquée, et avec elle son logiciel de surveillance, pour sa partialité dans les données qu'elle prodiguait.
Autre acteur, la Congressional International Anti-Piracy Caucus, qui cette année avait épinglé la Chine, la Russie, le Mexique et le Canada comme des acteurs majeurs du piratage au même titre que l'Espagne. Le Caucus condamnait principalement le pays parce qu'il a décriminalisé le partage de fichiers. Et de pointer la mise en oeuvre insuffisante des moyens de surveillance des réseaux en regard des exigences de l'Union européenne. La CIAPC invitait alors le gouvernement à prendre les mesures qui s'imposent, alors qu'elle décrivait la situation dans le pays comme « intenable » pour les titulaires de droits.