Maxwell - Pretty Wings
(...) Les rares fois où les BPM s'élèvent un peu, ça n'a rien de funky (...)
Pourtant, sur ce disque, cette facette là est totalement absente ou presque. Les rares fois où les BPM s'élèvent un peu, ça n'a rien de funky, on a plutôt à faire à une sorte de R'n'B incolore, sans caractère. C'est au mieux ennuyeux ("Cold") et au pire crispant ("Help Somebody"). Seul le bondissant "Phoenix Rise" à la fin dénote carrément, comme si ce morceau venait d'un autre album. En fait, la part belle est faite aux slow jams, les fans du genre en auront pour leur argent.
Sans vouloir entrer dans la polémique, on peut quand même se demander l'intérêt d'une telle démarche, surtout après huit ans de silence. A la rigueur, si toutes ces ballades étaient habilement produites, pourquoi pas, mais non, même pas. Les bases mélodiques sont assez alambiquées et peu prenantes, les instruments monotones, tout cela est joué sans grande fougue. Seule la voix de Maxwell sort un peu l'ensemble de la torpeur et encore, il utilise beaucoup trop sa voix de tête.
(...) Même vocalement, si tout ça est très propre, un peu plus d'implication n'aurait pas fait de mal (...)
C'est un véritable coup d'arrêt artistique pour l'auteur de "Sumthin' Sumthin'" ou de "Get To Konw Ya". Et vous savez le pire dans cette histoire ? C'est que les ventes de l'album sont au beau fixe des deux cotés de l'Atlantique, montrant la (mauvaise) voie aux futurs albums Nu Soul. Pour dire les choses autrement : dans les mois à venir, on va en bouffer de la bluette à l'eau de rose.
- Cet article est écrit à l'origine pour le blog de Soul Brotha