La Busta c'est l'enveloppe. Celle que reçoit un matin un homme qui n'a rien à se reprocher. Elle vient du Président. Il veut le rencontrer, il se retrouve face à son secrétaire bouffon, petit chef arrogant, stupide, qui lui demande d'attendre. Evidemment le régime trouvera bien quelque chose à lui mettre sur le dos. Dans ce monde du mensonge, l'absurde théâtrale vient nous arracher des sourires. Le monde de la Busta n'a plus de morale ni d'ordre, on y donne des leçons de démocratie à coups de matraques, les chômeurs n'ont plus d'autre chose à faire qu'errer dans les rues ou passer des heures à la fenêtre. Mais qui sait si demain cela aussi ne sera pas interdit? La fable est noire, très noire. Comme mes amis italiens exilés à Berlin, comme toute oeuvre culturelle qui m'arrive d'un pays où l'espoir ne semble plus permis avant longtemps.
Le festival Italienischer Theaterherbst se poursuit jusqu'au 23 novembre.