L’impénétrable mode d’emploi d’un cubi de côtes du Bourg

Publié le 26 avril 2009 par Plumard


N’imaginez pas que j’ai passé là-bas plus de 3 jours ; seulement, faire sa valise est un exercice qui mobilise chez moi d’infinies ressources, ne me laissant que peu de répit les jours précédents un départ. La contrainte fixée par Ryanair de ne pas dépasser les 10 kilogrammes pour l’unique bagage à main autorisé, loin de m’aider à faire des choix rationnels et sensés, stimule en fait ma créativité, comme l’alexandrin en poésie.

J’aurais pu vous décrire la Sagrada Familia et le Parc Guëll, évoquer mon incapacité chronique à rouler les « r » et donc à me faire comprendre en ce beau pays ensoleillé. Mais, quoiqu’il m’en coûte, je suis bien résolu à maintenir la ligne éditoriale de ce blog au dessus du nombril, et en particulier du mien. J’ai longtemps cherché ce dont je pourrais bien vous parler. C’est que trouver un sujet qui draine de l’audience est un artisanat qui m’est encore un peu étranger.

Au terme de longues heures d’observation, apposé sur un container de vin rouge, j’ai enfin découvert un sujet digne d’intérêt. Il s’agit du mode d’emploi d’un cubitenaire en carton, à l’intérieur duquel 5 litres de côtes du Bourg sont emprisonnés dans une poche hermétique. Sibylline mais ingénieusement séquencée en quatre vignettes, la notice détaille sur un ton quasi scientifique le mode opératoire pour délivrer le précieux liquide :

Étant à jeun lors de ma découverte, j’ai d’abord réajusté mes lunettes pour lire la prose une seconde fois. En vain. 4 photographies surmontent les instructions et montrent les agissements d’une main experte, enfonçant ici une opercule avec enthousiasme, arrachant violemment là-bas une collerette d’inviolabilité. Mais le processus demeure obscur pour quiconque ne fait pas partie d’un club de modelisme ou n’a jamais construit de maquettes de gare pour train électrique.

Après avoir sollicité plusieurs amis, eux-mêmes circonspects devant pareille littérature, j’ai enfin découvert que la collerette d’inviolabilité n’était autre qu’une simple « languette de sécurité ». Moi qui cherchais un système révolutionnaire, issu de la recherche technologique la plus avancée, j’en ai eu pour mon compte.

Sur ce, je retourne à mon poste d’observation, pour guetter les soubresauts du monde et saisir au vol un nouveau sujet passionnant dont je vous entretiendrai prochainement.