The Legend of Zelda: Ocarina of Time, un mythe vidéoludique

Publié le 09 décembre 2009 par Gazettehylienne
C'est avec un empressement certain que tout inconditionnel de Zelda attend la suite des aventures de Link, prévues sur la Nintendo 64. En effet, cela fait désormais quatre longues années que les fans de la série n'ont pas goûté au plaisir de défendre la Triforce de quelques malintentionnés désireux d'avoir le monde à leur merci. Quatre années qui constituent le temps de développement d'un jeu décidément très attendu, véritable source de frustration de milliers de joueurs impatients d'incarner -pour la première fois- le héros légendaire dans un univers en trois dimensions. Ont-ils idée du sentiment de bonheur qu'ils éprouveront dès la première partie, justifiant alors les incessants reports du titre? Décryptage d'un mythe, The Legend of Zelda: Ocarina of Time.

Un jeune garçon appelé Link est un matin tiré de son sommeil agité par une fée du nom de Navi. Celle-ci l'avertit que le très vénérable Arbre Mojo, gardien des Kokiris, peuple de la forêt, souhaite le voir. De cette rencontre, le jeune héros apprendra que l'univers va imminemment sombrer dans le chaos. Le responsable de ce sinistre avenir est un chevalier aux ambitions obscures, Ganondorf. Seul Link peut ramener paix et sérénité au sein du monde. Il découvre peu à peu le pays d'Hyrule, résolvant divers problèmes apparus chez certains peuples afin de récupérer en récompense les trois pierres ancestrales. Celles-ci constituent la clé des Portes du temps, derrière lesquelles est protégée la Triforce. Si quelqu'un se trouve en possession de cette dernière, tous ses désirs pourront être accomplis. Le vil Ganondorf cherche à s'en emparer, et c'est pour ne pas plonger Hyrule sous sa tutelle destructrice que le héros légendaire doit l'en empêcher, accompagné de la princesse Zelda. Le temps sera un élément à ne pas négliger si il veut parvenir à ses fins.

Ainsi débute l'épique quête du Kokiri, qui se voit confié le destin du monde entre ses mains. A peine sorti de son habitat pour rejoindre l'Arbre Mojo, le héros est d'ores et déjà confronté à des difficultés, à savoir son manque consternant d'équipement. Le joueur ne sera pas démuni pour longtemps, un tutoriel lui enseignera les principes fondamentaux de la jouabilité d'Ocarina of Time. Les premiers pas du titre déconcertent tant il est simple de contrôler le personnage. Le gameplay est résolument intuitif: le bouton A sert à effectuer toutes sortes d'action (Ranger, Ouvrir ou encore Pousser) tandis que le bouton B permet de brandir son épée.

En proie aux nombreux dangers disséminés dans son environnement, Link aura besoin d'utiliser toutes ses facultés physiques afin d'accomplir sa tâche. C'est pour cette raison qu'il dispose de tout un éventail d'objets divers, accumulables au fil de l'aventure, censés l'aider à poursuivre son combat contre les forces du mal. Avec une telle flopée d'ustensiles, du lance-pierre aux bombes, il était nécessaire que le joueur puisse sélectionner ce dont il avait besoin pour accéder plus rapidement aux armes et autres items au moment propice. Ce sont les trois boutons C qui se chargent de simplifier la manipulation des objets; chaque item est attribué à une touche depuis l'écran de sélection. Un système très pratique qui permet d'adapter son attirail au gré de ses envies. Afin de se servir le plus efficacement possible de ses armes, Link peut directement viser ses adversaires grâce au système de lock, en passe de devenir l'outil incontournable des jeux à venir. On peut aisément qualifier le gameplay d'Ocarina of Time de grande réussite; il parvient à inventer de nouveaux principes de jouabilité sans pour autant nier l'héritage des premiers épisodes de la série.

A la recherche des pierres ancestrales, le jeune héros visitera bon nombre de lieux oppressants et bravera tous les dangers pour prouver sa bienfaisance aux peuples qui sollicitent son aide, détenteurs des objets de convoitise que sont les trois pierres. C'est sur ce principe qu'est basé toute l'organisation du jeu. Chaque relique est obtenue après avoir relevé les différentes épreuves d'un donjon, après avoir affronté et terrassé un boss. Une fois la précieuse pierre en sa possession, Link doit parcourir Hyrule dans le but de récupérer les reliques manquantes.
Au premier abord redondante, la quête principale d'Ocarina of Time se révèle récurremment perturbée par des évènements scénaristiques qui retardent la fin de l'histoire, tout en la rendant plus palpitante. De plus, la visite d'un donjon est toujours précédée de quêtes secondaires différentes les unes des autres, toutes agréables à accomplir.

Au cours de son périple, Link découvrira les joies des ballades à cheval, qui évitent de perdre du temps en parcourant à pied la plaine d'Hyrule. Ce n'est pas la seule nouveauté de ce dernier opus: le héros légendaire rencontre une pléiade de personnages qui lui offriront des quarts de cœur et autres cadeaux en échange de services plus ou moins importants. La traditionnelle récolte des fragments de cœur est donc de la partie, accompagnée d'autres sous-quêtes qui ont leur intérêt. Celles-ci rallongent de manière considérable la durée de vie du jeu, pourtant déjà conséquente si le joueur ne suit que l'histoire principale. Ocarina of Time propose une aventure pleinement satisfaisante, justement dosée. Si le scénario est caractérisé par son classicisme, il l'est aussi par son efficacité. Le joueur est amené à en apprendre plus sur la série et ses origines, ce qui plaira probablement aux fans.

La trame du jeu prend pour décor un monde alternativement enchanteur et terrifiant, finement illustré par de magnifiques graphismes, qui démontrent les prouesses techniques dont est capable la console de Nintendo. La qualité est telle que le joueur pourra se surprendre à admirer les alentours du héros. Les développeurs ont également pris soin de l'animation des personnages, surprenante à plus d'un titre.

Doté d'un esthétisme qui lui est propre, Ocarina of Time est un réel plaisir à jouer. Hyrule est un endroit de toute beauté, grâce à l'architecture des donjons, du château ou encore de la plaine. L'univers du jeu est semblable à une mythologie, c'est d'ailleurs dans les mythes de diverses civilisations qu'il puise ses inspirations. Link sera amené à visiter des temples, jonchés d'énigmes intelligentes. Ils représentent chacun un thème distinct et sont donc vraiment différents, tout en conservant une unité esthétique globale qui ne dénature pas le style de la série.

La bande-son d'Ocarina of Time, signée Koji Kondo, mêle habilement pistes d'ambiances et musiques entraînantes pour un résultat addictif. Les mélodies prennent une place fondamentale dans cet épisode, étant donné que l'ocarina (instrument de musique) est au centre de l'histoire. Il règne tout au long du jeu une parfaite harmonie entre sonorités, musiques et level-design qui force le respect.

En somme, le seul défaut que l'on pourrait reprocher à Ocarina of Time, qui est tout relatif, est son scénario et son système de jeu qui rappellent de temps à autres A Link to the Past. L'épisode sorti sur Super Nintendo divisait Hyrule en deux, le Monde de la Lumière et le Monde des Ténèbres; un parallélisme que l'on retrouvera dans ce dernier opus, cette fois-ci axé sur le temps.

Sans s'embarrasser de propos dithyrambiques, The Legend of Zelda: Ocarina of Time peut facilement prétendre au titre de meilleur épisode de la série, grâce à ses nombreuses innovations, son histoire riche en péripéties, et sa réalisation d'une rare qualité.

Images: Différents artworks officiels de The Legend of Zelda: Ocarina of Time.