Johnny, une affaire pas simple

Publié le 13 décembre 2009 par Doespirito @Doespirito

Il y a quelque chose qui me turlupine, dans cette histoire de Johnny Hallyday. En effet, je n'aime pas les explications trop évidentes. Dans ces cas-là, j'ai une sorte de lampe rouge qui s'allume, une sorte d'alarme sonore qui résonne dans mon cerveau : Wiiip, wiiip wiiip ! Attention, risque d'erreur fatale 403, avec perte de données. Je n'ai jamais bien fait attention à ce phénomène, mais là, c'est le moment où jamais d'en faire part. C'est une contribution, je ne prétends pas savoir ou pressentir la vérité dans cette histoire. D'ailleurs, qui la sait ?

Même s'il donne l'impression d'être un roc (sans jeu de mots, selon l'expression d'Eddy Mitchell), la santé de Johnny est un sujet de préoccupation. En juillet 2009, le check-up ordonné par les compagnies d'assurances (rendues prudentes par l'affaire Mickael Jackson) avait permis de détecter un polype. Depuis longtemps, le chanteur a des problèmes de dos et de hanche (il a deux prothèses), et la scène n'arrange rien, même si on peut imaginer qu'elle lui donne l'énergie pour se surpasser en se donnant à fond à son public. Comme Edith Piaf dans ses derniers temps, petite femme fragile quasi-mourante, qui reprenant vie dès que le rideau s'ouvrait.

L'opération du 26 novembre, menée par le Dr Delajoux, est la deuxième du genre à un an d'intervalle. En octobre 2008, il avait été opéré dans des conditions identiques par le même neurochirurgien des stars. Deux jours après, il était parti en avion pour Hong-Kong rejoindre le tournage de Vengeance, de Johnny To, sans difficulté apparente. Or là, tout juste deux jours après son opération, il prend l'avion Paris-Los Angeles, 12 heures de vol avec une souffrance intolérable. A Los Angeles, le rocker est pris en charge par l'équipe médicale du Cedars-Sinaï Medical Center, située 8700 Beverly Boulevard.

Laquelle équipe fait passer le message, via Jean-Claude Camus, d'une opération précédente assimilée à un "massacre". Wiip, wiip, wiip... Alerte intérieure ! Des gens qui sont déjà passés dans les mains de médecins américains auront eu la même sensation que moi : ils ont parfois tendance à noircir le tableau. Mais ce n'est qu'une intuition, incitant juste à la prudence sur des commentaires de seconde main. Je trouve aussi étrange qu'on dise qu'on a mis un patient en coma artificiel pour des raisons de confort, alors que cette décision signe plutôt la gravité de son état, comme le souligne le Monde.

Entre temps, Jean-Claude Camus, son producteur, puis les médias, sont tombés à bras raccourcis sur le Dr Delajoux. Wiip, wiip, wiip, à nouveau. Certes, ce docteur est un personnage trouble, avec un casier long comme le bras : responsabilité médicale, fraude fiscale, escroquerie à l'assurance pour un accident de ski hors piste... Sans parler d'une interdiction d'exercer, prononcée par le conseil de l'ordre des Médecins, suite à ses nombreux déboires judiciaires. Interdiction qu'il n'a pas respectée, ce qui lui vaut aujourd'hui une plainte du conseil de Ordre et de la CPAM pour "exercice illégal de la médecine".


Mais la plainte date de 2006, et personne ne s'est pas vraiment foulé pour faire avancer le schmilblick. Quant à la clinique du Parc Monceau, où s'est déroulée la fameuse opération, on a connu plus regardant sur les diplômes et les autorisations d'exercer... Même si cette clinique a une très bonne réputation sur le plan des maladies nosocomiales (elle est classée A par le ministère de la Santé sur ce point).


Le producteur, mis sous pression par la perspective de l'annulation de la tournée de Johnny, a beau jeu de montrer du doigt un médecin qu'il connaît pourtant très bien, et dont la réputation aurait dû l'éloigner de Johnny Hallyday. Car s'il est si sulfureux que ça, ce toubib, pourquoi faire appel à lui pour se faire opérer d'une hernie discale ? C'est là un des ressorts étranges de cette affaire. Hyper-sollicitées, les stars fonctionnent souvent à l'affectif. Il se trouve en plus que le frère du docteur est le petit ami de la fille de Johnny, Laura Smet, selon Gala.


Il est probable que le protocole proposé par le médecin, qui permet de rentrer chez soi au bout de 48 heures, a dû peser dans la décision. Le Dr Delajoux précise sur son site internet : «En cas d'échec du traitement médical suivi pendant 3 semaines. Il est pratiqué par microchirurgie et consiste en l'ablation de la hernie discale et la mise en place d'un coussinet entre les deux vertèbres afin de soulager le disque tassé. L'intervention est réalisée sous anesthésie loco-régionale et dure environ 25 minutes. Il n'y a pas de rééducation après l'intervention et le patient retourne à son domicile après 48 heures d'hospitalisation.»


D'un côté, des stars exigeantes, compte tenu de leurs obligations professionnelles (la tournée du chanteur était censée reprendre le 7 janvier 2010) et de leur envie de rentrer voir leur famille. De l'autre, des médecins border-line qui promettent l'impossible : des opérations séduisantes sur le papier, mais risquées avec des patients fatigués physiquement et psychologiquement. Entre les deux, un entourage professionnel où s'entrechoquent des enjeux divers, au point d'en perdre parfois la lucidité et le sang-froid nécessaires.