Noël , Luc Berimont, dimanche poétique

Par Mango


Madame à minuit, croyez-vous qu'on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu'on rit ?
Le vent de l'hiver me corne aux oreilles
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.


Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur duvin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins
Comme le soleil au creux des moulins.



Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n'est plus de fous,
L'heure de minuit, cette heure où l'on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.


J'avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l'été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d'hiver a tout emporté
Le charroi d'hiver a tout emporté.



Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n'est rien venu d'autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l'orange amère
Et ton souvenir m'arrache le cœur.
Et ton souvenir m'arrache le cœur.



Madame à minuit, croyez-vous qu'on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu'on rit ?
Le vent de l'hiver me corne aux oreilles
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.


Noël de  Luc Berimont (1915-1983)
Ce poème a été mis en musique par Leo Ferré mais je n'ai pas trouvé la chanson elle-même.
Tableaux: Gustave Caillebotte (1843-1894), Bd des Italiens, 1789, hiver glacial, sur toute la France  et Claude Monet (1841-1926), Neige à Vetheuil.


Les participants aux dimanches poétiques sont chez Celsmoon