La conférence sur le changement climatique, une farce plus qu'un échec...

Publié le 22 décembre 2009 par Philippejandrok

Pourquoi n’ai-je pas écrit sur la conférence sur le climat de Copenhague comme tant d’autres ?

La réponse est très simple, tout d’abord je n’y croyais pas, d’autres parts, j’attendais d’être surpris par nos chefs d’états, l’ai-je été ?

L’avez-vous été ?

Absolument pas.

Pour comprendre l’absence totale de prise de position favorable à l’espèce humaine lors de la conférence climatique, il faut tout d’abord apprendre à comprendre le fonctionnement économique de notre monde qui se trouve divisé en deux parties bien distinctes, celle des « cerveaux » et celle de la main d’œuvre, celle du Nord et celle du Sud.

La partie relative aux cerveaux, c’est l’Occident, les pays riches, la partie de la main d’œuvre, c’est le reste du monde, ceux du Sud, ceux de l’Orient jusqu’en Extrême Orient, tous les pays exploités par les pays riches.

Les pays du Nord, pour sauvegarder leur environnement, ont prit la décision de ne pas cesser de produire, mais de produire ailleurs, ailleurs où les règles environnementales n’existent pas et où la main d’œuvre est particulièrement moins couteuse. Si le salaire d’un ouvrier coute autour des 1000 €/mois en Occident, il n’en coûte au grand maximum que 200 €/mois, ailleurs

Ainsi, lorsque je dis « pays », je parle plutôt d’entreprises qui fonctionnent comme des états, et qui n’hésitent pas pour des raisons purement, bassement économiques et financières, à polluer la planète ainsi que l’espèce humaine.

Jetons un regard sur la firme Monsanto aux USA qui n’hésite pas à polluer la planète avec des produits d’une telle toxicité qu’ils tuent les sols, les exploitants de ces mêmes produits et les consommateurs (à long terme avec le développement de maladies graves) - rappelons que Monsanto est à l’origine, entres autres, de l’Agent Orange utilisé au Vietnam, de l’hormone de croissance pour le bétail, du PCB (le pyralène, un polluant d’origine organique qui persiste dans nos campagnes et nos cours d’eau, il est aujourd'hui interdit et responsable de nombreuses pollutions qui touchent les humains -

Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres a réalisé un remarquable reportage sur cette entreprise « Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien » et qui a de quoi inquiéter l’espèce humaine. Vous pouvez visionner ce documentaire sur : http://www.rue89.com/2008/02/16/ogm-quand-monsanto-seme-la-terreur

Ainsi, dans son enquête, on trouve également :

 « L'affaire de l'hormone de croissance bovine (1) : la Food and Drug Administration sous influence »

 « Cette affaire fut une véritable descente aux enfers… J'étais entré à la Food and Drug Administration [FDA] en pensant œuvrer pour le bien de mes compatriotes, et j'ai découvert que l'agence avait trahi son rôle de gardien de la santé publique pour devenir le protecteur des intérêts des firmes industrielles» Docteur Richard Burroughs

En effet, la FDA Food and Drug Administration a mis à la porte le Docteur Richard Burroughs (vétérinaire) qui a immédiatement pris position contre l’exploitation de cette hormone de croissance, il a mis en garde ses employeurs sur les dangers importants que représentait l’utilisation de l’hormone de croissance pour les humains, mais les intérêts économiques étaient plus importants que la santé humaine, et pour le remercier de son excellent travail, la FDA l’a mis à la porte pour incompétence, c’était il y a 20 ans.

« …l'agence avait trahi son rôle de gardien de la santé publique pour devenir le protecteur des intérêts des firmes industrielles. » 

Cette simple constatation résume à elle seule la conférence sur le climat et le fiasco de nos politiques qui en fait, n’ont que très peu de pouvoir.

Pour ceux qui croyaient que les politiques faisaient le monde, je répondrais simplement, les politiques sont aux services d’intérêts économiques et de puissants industriels qui agissent dans l’ombre tout en tirant les ficelles.

Déjà, les coulisses de la seconde guerre mondiale nous livrent l’horreur des profits des banquiers américains et des industriels de l’armement au détriment de l’espèce humaine et cette organisation sourde n’a cessé de se développer jusqu’à aujourd’hui en développant des trésors d’ingéniosité par la destruction pour le profit.

En fabriquant des céréales transgéniques stériles, la firme Monsanto pousse l’exploitant agricole à racheter des semences chaque année, le rendant économico dépendant, le poussant, par obligation, à utiliser une chimie - coûteuse - pour garantir sa moisson, chimie qui empoissonne et pollue les sols exploités de façon irrémédiable et qui provient du Nord pour empoissonner le Sud.

Le désastre humain en Inde dans l’agriculture du coton transgénique qui a un rendement moindre que le coton biologique, et un pouvoir de destruction des sols supérieurs, ainsi qu’un surendettement qui étrangle les paysans qui en viennent à se suicider en avalant les produits Monsanto, incapables de faire face aux échéances financières, car ceux qui les fournissent sont souvent les mêmes qui font la loi sur les marchés et qui jonglent en permanence sur les prix pour s’enrichir en payant moins la valeur de la récolte que l’investissement et la culture des semences.

Les fermiers américains qui refusent d’utiliser les produits Monsanto sont également pris en otages et harcelés, souvent voués à la faillite. Les fermiers mexicains qui développent la culture du Maïs Monsanto, polluent non seulement les sols, mais également les souches de maïs biologiques qui nous proviennent de nos ancêtres, à cause des pollens qui viennent polluer les cultures saines en les transformant progressivement. Ce serait comme de pendre un agent toxique qui rendrait soudain la nourriture saine, stérile. (voir doc.)

La technique de fidélisation de l’exploitant est tout bonnement assassine, c’est un étau qui le prend à la gorge, mais elle permet à la multinationale de s’enrichir grandement. Qu’importe les pertes humaines, qu’importe la morale, ce qui compte c’est le pouvoir et l’argent, ce qui est tout de même contradictoire avec la mentalité d’un pays qui prétend si fort croire en Dieu (pour Monsanto, firme américaine par excellence).

Mais il y a également d’autres trusts qui agissent de façon similaires et qui étouffent les pays pauvres et en voie de développement.

L’exploitation de l’humain à des cadences de travail et de salaire inférieurs à ceux de l’occident permet un développement économique florissant au mépris des règles sociales et environnementales.

Parce qu’il y plusieurs années de cela, les pays du Nord ont décidé que les pays du Sud seraient les fabricants de leurs idées et de leurs concepts au détriment des règles écologiques, inexistantes dans ces pays là.

En clair, nous faisons fabriquer nos biens de consommation ailleurs, avec toutes les saletés, déchets en tous genres que produisent ces exploitations et nous profitons du produit final sans l'inconvénient du recyclage ; c’est ce que l’on appelle une merveilleuse hypocrisie, surtout si les pays riches imposent à présent aux pays pauvres des règles arbitraires accentuant leur endettement, alors que seuls les pays riches profitent de ces aménagements.

Or, les pays pauvres ont refusé l’odieux chantage de l’Occident, ils en ont assez d’être pris pour des vaches à lait, pour des imbéciles, car ils ne sont pas plus bêtes que les « blancs du Nord ».

Que l’on m’explique pourquoi l’Afrique qui est un pays d’une richesse incroyable est encore aujourd’hui pillée par l’Occident, et pourquoi ces gens vivent-ils toujours dans des conditions misérables ? Parce que l’équilibre politique fragile des états africains permet à l’Occident de contrôler le pillage organisé.

Et bien, je vais vous paraître trivial, mais si un Africain, un Chinois, un Coréen vit dans la misère, c’est pour nous permettre de vivre confortablement, c’est pour avoir la possibilité de boire un bon café, un bon chocolat, de consommer des haricots d’Égypte, des asperges du Pérou, du raisin du Chili, des Noix de Saint-Jacques d’Amérique du Sud, des crevettes de Thaïlande et de poser des fleurs de Nairobi au Kenya, via Amsterdam sur notre table…

Cette mondialisation a permis d’obtenir en Occident ce que l’on souhaitait en toute saison, mais à quel prix ?

Et surtout à quel prix en terme de pollution et d’absence de cultures vivrières pour les pays producteurs ?

Et que dire de la Chine, aujourd’hui l’un des plus grands pollueurs de la planète, la Chine qui produit pour le monde entier et dans tous les domaines de production High Tech, alimentaire, vestimentaire ; 90 % de la production mondiale est faite en Chine, jusqu’aux valves pour l’industrie pétrolière française, les coûts étant bien moindre que la même valve fabriquée en France.

En conséquence, les entreprises en Occident ferment les unes après les autres pour se transformer en société de service et de distribution, n’étant plus concurrentielles, et des millions d’hommes et de femmes se retrouvent désormais au chômage, car leur qualification n’est plus requise.

La conférence climatique ne se résume pas seulement en terme de sauvegarde de la vie des êtres humains et des animaux, mais également en terme de société, car nous arrivons à un terme, où le serpent se mord la queue.

La production est moins chère ailleurs on peut donc faire plus de marges bénéficiaires en vendant d’avantage, mais pour se faire, il faut produire et polluer et il faut également des clients avec un pouvoir d’achat conséquent. Mais si en France par exemple, on ne produit plus, si les chômeurs ne sont plus indemnisés parce qu’ils ne trouvent plus d’emplois, nous aurons une France morte, sclérosée, renfermée sur elle-même et c’est ce qui nous pend au nez.

La conférence sur le climat n’est que l’arbre qui cache une forêt qui bientôt sera dévastée et qui nous laissera face à nous même, dans un état de désespérance sordide.

Doit-on rappeler que sur l’Ile de Pâques, il n’y a plus d’arbres, depuis des siècles plus de forêts, car les indigènes ont rasé l’Ile pour utiliser les troncs voués à la construction et au déplacement des géants de pierre.

Ils n’ont pas eu la présence d’esprit de mesurer le désastre écologique qui allait les réduire à une peau de chagrin, et nous suivons le même chemin, malgré notre technologie, malgré nos connaissances qui sont manipulées par des esprits malveillants qui ne pensent qu’à s’enrichir aux dépens du bien être de la population mondiale.

Quand on pense que le règne des dinosaures s’est développé sur près de 300 millions d’années sans altérer notre planète et que 15 000 ans de présence humaine ont presque épuisé les ressources écologiques de la même planète, ne devrons nous pas nous poser des questions, ne devrions nous pas agir pour rétablir l’équilibre ? N'était-ce pas le rôle de ce sommet ?

Souvent, la nature se charge de ces changements lorsque les hommes en sont incapables, ne négligeons pas le pouvoir de Gaïa.

Nous vivons une époque formidable…