Riveneuve continents.

Par Ananda

LITTÉRATURE RÉGIONALE

Riveneuve pose son ancre en mer indienne…

La revue littéraire francophone Riveneuve Continents vient de sortir son dixième numéro sous le titre Escales en mer indienne. C'est le cadeau à offrir à ceux qui aiment la littérature de l'océan Indien en cette fin d'année. Car la petite quarantaine de textes qui s'y trouvent offrent un panorama riche et profond des préoccupations des écrivains qui dans la région vivent leur art avec passion et intérêt.

La couverture du dixième numéro de la revue Riveneuve Continents offre le trait et le style fin d'un de nos meilleurs illustrateurs, Laval Ng, avec l'allégorie d'un pêcheur qui pêcherait non pas des poissons… mais des livres ! Et cet ouvrage que l'on peut commander via internet distille ensuite une série de textes qui font voguer le lecteur sur les trois îles et les deux archipels qui animent cette région de l'océan Indien qui a tant de mal à exister en tant qu'entité face au monde. Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion et les Seychelles alignent dans cette revue la crème de nos littératures. Qu'ils soient disparus comme Raymond Chasles, qu'ils soient prix Nobel comme Le Clézio (qui apporte une contribution généreuse à ce numéro), éditeur à Paris comme Philippe Rey, enseignant dans un collège mauricien comme Gillian Geneviève ou Umar Timol, qu'ils vivent ici ou ailleurs, qu'ils soient romanciers, poètes ou illustrateurs, les participants mauriciens dominent largement ce numéro par le nombre. Puis, il nous est possible - opportunité paradoxalement rare - de se délecter du style des écrivains voisins, de ceux avec qui nous avons à partager mais qui ne voient pas tout à fait les choses de la même manière car leur île et le peuple n'a pas eu tout à fait le même destin que le nôtre. On peut alors goûter la plume d'un Jean-François Samlong, celle d'un Jean-Luc Raharimanana, de Sœuf Elbadawi, Hélène Soa, François Dijoux, Boris Gamaleya, Magali Marson, Jean-Claude Mouyon, Stéphane Hoarau Hery Mahavanova, Johary Ravaloson, Salim Hatubou, Julienne Salvat, Bernadette Thomas ou encore Sylvestre Lebon (qui est par ailleurs un fidèle participant de la revue de poésie Point Barre). Comme l'explique magnifiquement JMG Le Clézio dans le premier texte, Maurice est une sorte de laboratoire verbal. Cette créativité, nos joyaux littéraires ne la puisent-ils pas de leurs frottements et désirs - distants et si proches à la fois - toujours séparés par la mer, d'avec ces autres univers îliens qui parsèment cette portion de la mer indienne. Les précédents numéros de Riveneuve éditions étaient consacrés à la littérature libanaise sous le titre Liban, des mots entre les maux, à La Réunion sous le titre La Réunion des possibles de Éric et Julien Magamootoo, ou encore aux mots qui vagabondent sous le titre Les mots passants, et à l'héritage commun de Harlem sous le titre de Harlem Heritage. Renseignements et commande sur : www.riveneuve.com ou par courrier chez Riveneuve éditions, 75 rue de Gergovie 75014 PARIS.

Source : Journal LE MAURCIEN