Sierra Torride

Par Vance @Great_Wenceslas

Une chronique de TWIN

 

Derrière cet immonde titre français qui ferait passer le film pour un porno Z se cache la seconde collaboration entre Don Siegel et Clint Eastwood, encore fraîchement revenu d’Europe avec une maison de production (Malpaso), une Cadillac et un chèque sous le bras (c’est fou ce qu’on peut cacher sous un bras).

Western, si ce n’est parodique, en tout cas très désinvolte, Sierra Torride voit la rencontre entre un cowboy macho des familles constamment dépassé par les événements, la tronche en biais pour mesurer la surprise, et une nonne pas piquée des hannetons génératrice de tronches en biais. Un viol raté, une flèche dans l’épaule et quelques exécutions plus tard, l’homme-sans-nom-pour-de-rire comprend qu’il y a une histoire de gros sous à flairer et que la nonne est peut-être effectivement adepte d’Adam et Eve mais dans une version beaucoup moins cléricale.

Tout ça est plutôt sympa même s’il faut bien avouer que ça a pas mal vieilli et qu’on a connu Don Siegel plus dynamique – ce qui ne l’empêche pas de taper là où ça fait mal pour rappeler un contexte politique difficile et ce qui n’empêche pas non plus ses acteurs de cabotiner en diable (Eastwood jubilatoire de second degré, Shirley MacLaine en roue libre). Bref, ce n’est peut-être pas le plus grand western américain de tous les temps (ça, Eastwood s’en chargera un peu plus de trente ans après), mais c’est un opus rigolo et non négligeable dans la carrière de deux grands cinéastes.


Master du DVD zone 1 défini avec les pieds et VO mono un peu trop crachoteuse pour vraiment faire honneur à la BO débridée de Morricone. Aucun supplément.