Anthologie permanente : Philippe Beck

Par Florence Trocmé

Hier soir, 21 janvier 2010, en la librairie Tschann, à Paris, belle rencontre avec Philippe Beck, présenté par Martin Rueff et Thiphaine Samoyault, autour du livre Lyre Dure, paru récemment aux Éditions Nous, dirigées par Benoît Casas. On rappellera aussi les deux parutions chez Argol, De la Loire (2008) et Beck, L’Impersonnage, rencontre avec Gérard Tessier (2006).
PROLOGUE
    
Voici des lyres dures
ou des poèmes cordés.
Durs par fermeté
et contenance de sentiment
ou constance de musique.
Constance de fonds.
La grosse corde y musique
par des ragages
et des stries.
Le plumage sonore
se tresse
comme un thyrse de plumes,
puis
lisse ou flatte une grosse caisse
inverse,
fleur-baguette sur la Harpe
Discontinue
(cette peau aérienne et tombante
appelée vie),
et reprose les ficelles
p.
Emma les dicte
et la grosse plume
âne-avion
comme la voile
qui dit le bateau
note les instructions
continues.
Un arc tend les amusements
et emploie l’époque.
Et les barrages poids.
Vision-Manganelli
scintille muette
comme un Cheval.
Chevalinité ignore
eau et boue.
Robustesse Abstraite.
Assis ou debout dans l’oubli ?
Non.
Assis ou debout, peu couché
à Mémoire, Pays de Roubli
et Provision.
Roubli, maison de marais prévenu
par la nuit de brume sentie,
et transformation.
Le Mandat du Marécage,
et les rosages,
le bateau fumée du Gabon,
plongé à Nuit Relative −,
je les vois
comme l’Acte Marital du monde.
Mosaïque safran, bois brésil
de Ceylan.
Et sérendipité de toi.
      
Philippe Beck, Lyre Dure, éditions Nous, 2009, p. 9
     
     
Philippe Beck dans Poezibao :
bio-bibliographie, De la Loire (parution), extraits 1,De la loire (lecture de T. Hordé), extrait 1, extrait 2